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Le Parlement européen s’apprête à valider un dispositif controversé de centres d’expulsion hors UE

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_**Un projet porté par une alliance des droites, qui entend durcir significativement la politique migratoire communautaire face aux critiques des ONG.**_

Les députés européens se prononcent cette semaine sur un ensemble de mesures visant à renforcer l’efficacité des expulsions de migrants en situation irrégulière. Le texte, qui pourrait être adopté en commission dès lundi soir, prévoit notamment la possibilité pour les États membres d’établir des centres de rétention dans des pays tiers, en dehors de l’Union européenne. Ces structures, qualifiées de « hubs de retour », seraient destinées à accueillir des personnes dont la demande d’asile a été rejetée et qui font l’objet d’une obligation de quitter le territoire.

Le dispositif législatif comprend également un éventail de sanctions plus strictes à l’encontre des déboutés du droit d’asile refusant de quitter l’espace communautaire. Parmi celles-ci figurent la confiscation de documents d’identité, des périodes de détention prolongées ainsi que des interdictions d’entrée sur le territoire de l’UE. Le projet entend par ailleurs instaurer une reconnaissance mutuelle des décisions d’éloignement entre les États membres, afin qu’une mesure prise dans un pays soit applicable dans un autre.

Ce projet est le fruit d’un accord de dernière minute scellé entre les groupes parlementaires de droite et d’extrême droite, qui ont ainsi contourné les tentatives de compromis portées par les formations centristes. Cette alliance inédite illustre un glissement à droite du centre de gravité politique au sein de l’hémicycle. Pour ses promoteurs, ces mesures ont avant tout une vocation dissuasive, dans l’objectif de décourager les départs vers l’Europe.

Le texte suscite de vives inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains. Ces dernières dénoncent un risque de violations fondamentales, pointant le danger de placer des individus dans des centres situés dans des pays où ils n’ont jamais résidé. Certains gouvernements, notamment français et espagnol, expriment également des réserves quant à l’efficacité opérationnelle d’un tel dispositif, évoquant des expériences passées aux résultats mitigés.

Ce vote intervient dans un contexte où les arrivées irrégulières sur le territoire européen ont globalement diminué au cours de l’année écoulée, tout en se concentrant davantage sur certaines routes méditerranéennes. Il marque une étape significative dans la volonté affichée par une majorité parlementaire de durcir le cadre européen en matière d’asile et de migration.

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