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Économie

La mixologie népalaise s’invite sur la scène internationale

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Une nouvelle génération de barmen redéfinit l’art du cocktail à Katmandou, mêlant savoir-faire local et influences globales.

Derrière les comptoirs de la capitale népalaise, une révolution discrète est en marche. Une poignée d’établissements audacieux, dirigés par des passionnés souvent formés à l’étranger, réinventent la culture des cocktails dans un pays traditionnellement tourné vers la bière et les alcools simples. Leur approche innovante, combinant produits locaux et techniques internationales, commence à attirer l’attention bien au-delà des frontières himalayennes.

Abhishek Tuladhar incarne cette tendance. Après une carrière dans la finance à Singapour, il a ouvert Barc, un bar primé par le prestigieux classement Asia’s 50 Best Bars. Ses créations, comme le thé d’Ilam infusé ou l’aila revisité avec des épices locales, témoignent d’une volonté d’adapter les saveurs traditionnelles à un public global. « L’enjeu n’est pas seulement d’utiliser des ingrédients népaliens, mais de les rendre universels », explique-t-il.

La démarche n’est pas sans défis. Rabin Gurung, cofondateur de Bitters & Co, a dû remplacer les citrons jaunes introuvables sur les marchés par des agrumes locaux, tout en respectant l’équilibre des recettes classiques. Ces contraintes ont stimulé la créativité des professionnels, qui expérimentent désormais avec des plantes emblématiques comme le rhododendron.

L’engouement des clients, tant résidents qu’internationaux, ouvre des perspectives inédites dans un pays où l’exode des jeunes vers l’étranger reste massif. « Le métier de barman devient une carrière viable, permettant de travailler ici tout en explorant notre patrimoine culinaire », souligne Santosh Faiia, à la tête de deux établissements à Katmandou.

Si ces cocktails haut de gamme restent inaccessibles à une large partie de la population, leur essor symbolise une dynamique plus large. Emma Sleight, experte du secteur, y voit le reflet d’une hospitalité népalaise alliée à une richesse culturelle unique. Un mélange qui pourrait bien propulser Katmandou sur la carte mondiale des destinations gastronomiques.

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