Monde
La justice new-yorkaise bloque les publicités de Donald Trump financées par l’argent public
À trois semaines des élections législatives, une magistrate fédérale de New York ordonne à l’administration Trump de déprogrammer sans attendre les spots…


À trois semaines des élections législatives, une magistrate fédérale de New York ordonne à l’administration Trump de déprogrammer sans attendre les spots vantant l’action du président, payés sur fonds publics. La décision tombe juste avant l’ultime diffusion prévue.
L’affaire couvait depuis la fin du mois de septembre. Une juge fédérale de New York, Jennifer Rochon, a fini par trancher en intimant à l’exécutif de couper court à toute diffusion des publicités litigieuses, y compris aux heures de grande écoute. L’administration disposait de vingt-quatre heures pour démontrer qu’elle avait bien obtempéré.
Le dispositif est sans ambiguïté. Le gouvernement ne pourra ni conclure, ni renouveler, ni étendre le moindre accord permettant de concevoir, produire, placer ou diffuser les messages visés. À l’origine de la procédure, des organisations de défense des droits civiques et un syndicat, qui avaient saisi la magistrate quelques jours plus tôt. Ces plaignants, représentés par Democracy Forward, ont salué la rapidité de la réaction, jugeant qu’elle évite que d’autres deniers des contribuables alimentent une propagande politique manifestement illégale. À leurs yeux, aucun fondement juridique ni aucun précédent n’autorise un président à mettre l’appareil d’État et des crédits prévus pour d’autres missions au service de son propre agenda.
Le spot qui a mis le feu aux poudres ne ressemble pas à une publicité classique. Tourné en noir et blanc, il montrait Donald Trump le visage dur, avançant en silence face à la caméra dans un couloir, tandis qu’en fond sonore défilaient des extraits de discours où il s’en prenait aux bellicistes, aux communistes et aux mondialistes. La vidéo de trente secondes s’ouvrait sur les mots « Ceci est la dernière bataille » et s’achevait par une mention en bas d’écran précisant qu’elle était financée par l’argent public américain. Diffusée pendant des matchs de football américain, elle a attiré les critiques des démocrates comme les réserves d’une partie des républicains.
Sous le feu des reproches, Donald Trump a fini par assurer qu’il financerait lui-même ses publicités de campagne. Un revirement qui laisse toutefois une question en suspens, celle des sommes publiques déjà déboursées. La Maison Blanche n’a pas l’intention de les rembourser. Il reste à voir comment la justice réagira si l’administration ne prouve pas, dans le délai imparti, qu’elle a bien stoppé net les diffusions contestées.
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