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Économie

La flotte thaïlandaise paralysée par la flambée du carburant

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Des centaines de navires de pêche sont immobilisés à quai, contraints par l’envolée des prix du diesel. Cette crise menace l’équilibre économique de toute une filière et plonge les familles de marins dans l’incertitude.

Le port de Si Racha présente un spectacle inhabituel. De nombreux bateaux de pêche restent amarrés, leurs coques immobiles contrastant avec l’activité normale du front de mer. Cette paralysie frappe des centaines d’embarcations à travers le pays, leurs propriétaires ayant pris la décision de ne plus appareiller. La raison est économique. Le prix du carburant, principal poste de dépense pour ces navires, a connu une hausse telle que les sorties en mer ne sont plus rentables.

Pour les équipages, cette immobilisation forcée se traduit par un chômage immédiat. Les marins, privés de leur salaire mensuel, doivent trouver des solutions pour faire face à leurs obligations familiales. Les inquiétudes portent sur les dépenses courantes, du lait pour les nouveau-nés aux traites des crédits. Beaucoup se résignent à chercher des emplois temporaires en attendant une hypothétique amélioration.

Les patrons de pêche, souvent à la tête d’entreprises familiales, décrivent une situation sans précédent. Après des décennies d’activité, ils se retrouvent dans l’impossibilité de couvrir leurs frais. Le diesel détaxé, communément appelé « carburant vert » et réservé à la pêche, a vu son prix augmenter de manière significative. Cette hausse rend l’approvisionnement plus difficile et grève toute rentabilité. Certains armateurs continuent d’utiliser leurs dernières réserves, mais envisagent de rejoindre la flotte à l’arrêt une fois ces stocks épuisés.

Les professionnels du secteur ont alerté les autorités. Les représentants de la filière ont formulé des demandes précises, notamment l’instauration d’un plafond de prix pour le carburant des pêcheurs, à l’instar de ce qui existe pour les automobilistes. Sans mesure d’urgence, ils estiment qu’une large partie de la flotte nationale pourrait cesser son activité dans les prochaines semaines.

Les conséquences de cette crise dépassent le seul cadre des bateaux. L’ensemble de la chaîne d’approvisionnement et de transformation du poisson craint un impact domino. Sur les marchés locaux, les étals sont encore approvisionnés, mais une inquiétude palpable règne parmi les commerçants. Ils redoutent une pénurie de produits frais et une hausse des prix qui découragerait la clientèle, déjà affectée par le contexte économique général. L’arrêt de la pêche menacerait ainsi des milliers d’emplois indirects, des mareyeurs aux vendeurs, accentuant les difficultés sociales dans les régions côtières.

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