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Kaboul sous les bombes, un hôpital pour toxicomanes réduit en cendres

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Un médecin rescapé décrit le chaos après une frappe aérienne attribuée au Pakistan. Les autorités talibanes font état de centaines de victimes civiles.

Dans la nuit de lundi à mardi, plusieurs déflagrations ont ébranlé le centre de Kaboul. Les vitres ont tremblé, suivies par le silence lourd d’une capitale sous le choc. L’un des principaux centres de désintoxication de la ville, le camp Omid, a été directement touché. Les autorités afghanes, dirigées par les talibans, ont immédiatement imputé cette attaque au Pakistan, qui affirme de son côté avoir ciblé des positions militaires. Le bilan, encore provisoire, est lourd. Les services de secours évoquent environ quatre cents personnes tuées et plus de deux cents blessés.

Parmi les survivants, le docteur Azmat Ali Momand. Ce médecin de trente ans, qui travaillait dans l’établissement depuis deux ans, a miraculeusement échappé à la mort. Il se trouvait à l’extérieur des salles de soin au moment de l’impact. La violence de l’explosion a provoqué l’effondrement d’une partie de la structure. Des poutres et des débris de béton se sont abattus sur lui. Après avoir repris connaissance, blessé à la tête et à la jambe, il s’est précipité vers ce qui restait du service des urgences pour porter secours aux premiers blessés, dont l’état s’avérait souvent critique.

Sur place, le spectacle est celui d’une désolation absolue. Sous un ciel nocturne éclairé par les flammes d’un incendie persistant, les sauveteurs, dépourvus de matériel adapté, ont dû transporter les victimes à l’aide de simples couvertures. La lueur des torches balayait des scènes de panique et d’effroi. Des dizaines d’ambulances se sont relayées sans interruption pendant de longues heures pour évacuer les rescapés vers d’autres formations hospitalières de la capitale.

Au petit matin, les ruines du complexe médical fumaient encore. Dans un bâtiment au toit écroulé, gisaient pêle-mêle des chaises, des couvertures et des fragments de lits médicalisés. Des infirmiers, en larmes, s’interrogeaient sur le sort de leurs collègues portés disparus. L’établissement, qui comptait près de deux mille lits, accueillait exclusivement des personnes souffrant de dépendance à diverses substances, telles que le cannabis ou les amphétamines. Selon le personnel médical présent, plusieurs pavillons, abritant chacun plusieurs centaines de patients, ont été entièrement détruits.

Devant les grilles de l’hôpital, une foule anxieuse de proches s’est massée, cherchant désespérément des informations. Les familles, confrontées à un cruel défaut de communication officielle, erraient d’un point de rassemblement à l’autre. Une femme d’une cinquantaine d’années, Latifa, attendait des nouvelles de son fils interné depuis trois mois. D’autres, comme Mohammad Daud, venu rechercher son frère, ont passé la nuit sur place sans obtenir la moindre réponse, se raccrochant à l’espoir ténu que leur parent ait été épargné. Cette frappe intervient dans un contexte de tensions exacerbées entre Kaboul et Islamabad, ouvrant un nouveau chapitre dramatique dans une relation déjà extrêmement tendue.

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