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Jean-Louis Étienne repart en mission scientifique aux confins de l’Antarctique

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Le célèbre explorateur français embarque pour une nouvelle campagne destinée à documenter les effets du changement climatique et à plaider pour la sanctuarisation de ces écosystèmes fragiles.

Le médecin et aventurier Jean-Louis Étienne s’apprête à prendre la mer pour une expédition de deux mois dans les eaux australes. Ce périple, baptisé « Persévérance en Antarctique », quittera la Nouvelle-Zélande à la mi-janvier en direction des mers de Ross et Dumont d’Urville. À son bord, une panoplie d’instruments de mesure permettra de recueillir des données essentielles sur la météorologie, la faune marine, la présence de polluants ou encore l’état du phytoplancton.

Pour le septuagénaire, cette mission revêt une dimension à la fois scientifique et politique. Il rappelle que l’Antarctique, dont la superficie équivaut à vingt-huit fois celle de la France, renferme l’immense majorité des glaces terrestres. Or, cette immense réserve d’eau douce subit de plein fouet les conséquences du réchauffement planétaire. L’explorateur, qui fut le premier à rallier le pôle Nord en solitaire et a traversé intégralement le continent blanc à la fin des années 1980, observe avec gravité que de telles entreprises seraient aujourd’hui impossibles en raison de la fonte accélérée des glaces.

Au-delà de l’urgence climatique, la pression exercée par la pêche industrielle constitue une menace directe pour la biodiversité locale. La surpêche du krill, un petit crustacé au cœur de la chaîne alimentaire, préoccupe particulièrement la communauté scientifique. Jean-Louis Étienne milite donc pour la création de nouvelles aires marines protégées afin de préserver ces milieux uniques. L’expédition contribuera d’ailleurs à évaluer les effets de la zone protégée établie il y a une décennie en mer de Ross, tandis qu’un projet similaire est à l’étude pour l’Antarctique oriental.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte international où plusieurs dossiers de sanctuarisation sont en discussion au sein de la commission dédiée à la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique. Elle rejoint également les objectifs français visant à placer sous protection forte une part significative de son territoire terrestre et maritime d’ici la fin de la décennie.

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