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Genève au cœur d’une course contre la montre pour un accord historique sur le plastique

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Les délégations de près de 180 pays tentent de sceller d’ici mi-août le premier traité mondial contre la pollution plastique, un défi colossal face à des intérêts divergents.

La communauté internationale se retrouve à Genève pour une ultime session de négociations visant à élaborer un cadre juridique contraignant contre la prolifération des déchets plastiques. Cette rencontre, organisée sous l’égide des Nations unies, intervient après l’impasse enregistrée lors des précédentes discussions en Corée du Sud, où plusieurs États producteurs de pétrole avaient fait obstacle aux avancées.

Les chiffres rappellent l’urgence de la situation. Selon les dernières estimations, la production mondiale de plastique pourrait tripler d’ici 2060 si aucune mesure n’est prise. Actuellement, près de 460 millions de tonnes sont fabriquées chaque année, avec un taux de recyclage inférieur à 10 %. Ces matériaux, en se fragmentant en microparticules, contaminent désormais les sols, les cours d’eau et même l’organisme humain, comme l’ont révélé plusieurs études scientifiques.

Le projet de texte soumis aux négociateurs comporte plus de 300 points litigieux, reflétant les profondes divergences entre les parties prenantes. Les débats se concentrent notamment sur la question sensible de la limitation de la production de plastique vierge, une mesure farouchement contestée par certains pays. Par ailleurs, l’établissement d’une liste de substances chimiques jugées dangereuses, comme les PFAS ou les perturbateurs endocriniens, suscite également des tensions.

Malgré ces obstacles, des voix optimistes estiment qu’un accord minimal pourrait émerger de ces discussions. Toutefois, les observateurs craignent un texte édulcoré, privé de mécanismes financiers et de mesures contraignantes. Les pays en développement, particulièrement exposés aux conséquences de cette pollution, réclament des engagements ambitieux, tandis que les représentants de l’industrie pétrochimique défendent une approche centrée sur la gestion des déchets.

En marge des négociations, la présence active de lobbyistes soulève des interrogations sur l’influence des intérêts privés dans ce processus. Pour les organisations environnementales, cet accord représente une occasion unique d’inverser la tendance, à condition que les États privilégient l’intérêt général plutôt que les considérations économiques à court terme. La prochaine quinzaine sera décisive pour l’avenir de cette initiative.

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