Économie
Bull lance une offensive de recrutement pour asseoir sa souveraineté technologique
Le champion français du calcul intensif, récemment repris par l’État, annonce un plan de 500 embauches pour soutenir son développement stratégique dans l’intelligence artificielle et les supercalculateurs.
L’entreprise Bull, désormais indépendante et placée sous le contrôle de l’État, a dévoilé un plan de croissance ambitieux centré sur le renforcement de ses effectifs. L’objectif est de recruter cinq cents collaborateurs supplémentaires au cours de l’année, portant ses effectifs mondiaux à trois mille cinq cents personnes. Cette campagne de recrutement, évaluée à environ cinquante millions d’euros, vise principalement des profils d’ingénieurs spécialisés en recherche et développement, en intelligence artificielle et en calcul haute performance.
Cette annonce intervient quelques jours seulement après la finalisation de sa séparation d’avec le groupe Atos. Le directeur général, Emmanuel Le Roux, a souligné la nécessité de ces embauches pour honorer un carnet de commandes substantiel et exécuter des projets majeurs déjà signés. La structure, qui a réalisé un chiffre d’affaires de sept cent vingt millions d’euros l’an dernier, entend capitaliser sur sa nouvelle agilité pour accélérer dans des domaines considérés comme critiques pour la souveraineté nationale.
Les activités historiques de Bull dans le calcul de haute performance, cruciales pour des applications comme la simulation de la dissuasion nucléaire, demeurent au cœur de sa stratégie. L’entreprise poursuit également ses investissements dans l’informatique quantique. Pour soutenir cette expansion, Bull a déjà commencé à augmenter ses capacités de production sur son site d’Angers, doublant à terme le rythme de fabrication de ses machines les plus puissantes.
Au-delà de la croissance quantitative, l’ambition affichée est de renforcer l’autonomie technologique européenne. Bull travaille ainsi à intégrer une proportion croissante de composants électroniques produits en Europe dans ses supercalculateurs, avec un objectif fixé à quatre-vingts pour cent. Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de réduire les dépendances stratégiques. Avec un carnet de commandes rempli jusqu’à mi-2027, l’entreprise projette également de livrer un premier calculateur quantique hybride d’ici à cinq ans, confirmant sa volonté de rester à la pointe de l’innovation.
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