Société
Anthropic ouvre son IA la plus puissante au public mais avec un verrou inédit sur les armes biologiques
Fable 5, la version bridée du modèle Mythos, est désormais accessible à tous. Mais pour les sujets sensibles comme la cybersécurité et la biologie, le…

Fable 5, la version bridée du modèle Mythos, est désormais accessible à tous. Mais pour les sujets sensibles comme la cybersécurité et la biologie, le logiciel refuse de répondre.
Anthropic a mis en ligne la version la plus avancée de son intelligence artificielle, mais en laissant de côté les capacités trop dangereuses. Baptisé Fable 5, ce modèle est le premier de la gamme Mythos à être ouvert au grand public. Jusqu’ici, seule une poignée de partenaires de confiance pouvait y accéder. La raison est simple. Sans garde-fous, Mythos est capable de détecter des failles de sécurité à une vitesse inédite, et même d’exploiter des vulnérabilités critiques. La version complète reste réservée aux entreprises, aux organisations et aux agences étatiques déjà accréditées.
Ce déploiement élargi marque un tournant dans la stratégie de sécurité d’Anthropic. Jusqu’à présent, l’entreprise limitait l’accès à Mythos pour les seuls risques de cybersécurité. Avec Fable 5, elle étend la vigilance aux menaces biologiques et chimiques. Le laboratoire donne un exemple précis. Un utilisateur pourrait demander à l’IA de concevoir un virus adéno-associé, ou AAV. Ces virus sont à double tranchant. Ils peuvent servir en thérapie génique, mais aussi être détournés en armes biologiques. Pour éviter ces scénarios, la plupart des requêtes sur ces sujets sont redirigées vers un modèle moins puissant, Opus 4.8, rendu public fin mai. Les chercheurs en biologie sélectionnés pourront toutefois accéder à la version non bridée, sous conditions.
Pour garantir cette sécurité, Anthropic a mis en place un système de filtres automatiques qui analyse chaque requête en temps réel. L’entreprise a aussi fait appel à des experts extérieurs pour tenter de contourner ces barrières. Une méthode de simulation d’attaque, le « red teaming ». Résultat après plus de mille heures de tests aucun n’a réussi à débrider entièrement le modèle. Mais l’entreprise reconnaît un point crucial. Il est probablement impossible d’empêcher tous les contournements universels. L’objectif est simplement de les rendre assez lents et coûteux pour être détectés avant un déploiement à grande échelle. En parallèle, tous les échanges avec ces modèles de pointe sont conservés pendant trente jours.
Ce lancement intervient dans un contexte tendu. Anthropic a fait de la sécurité son argument commercial principal, ce qui l’a menée à un bras de fer avec l’administration Trump. Refusant de lever ses restrictions sur la surveillance de masse et les armes autonomes, elle a vu le Pentagone rompre ses contrats. Pourtant, ses outils d’IA étaient les seuls habilités secret défense. Aujourd’hui, la Maison Blanche a instauré un dispositif d’évaluation facultatif des modèles d’IA les plus puissants avant leur commercialisation. De son côté, OpenAI s’apprête à dévoiler la version 5.6 de son ChatGPT.
Côté tarifs, Fable 5 est deux fois plus cher qu’Opus 4.8 jusqu’à cinquante dollars pour un certain nombre de tokens. Une session de programmation intensive peut en consommer un million en quelques heures. Anthropic doit encore prouver sa rentabilité à long terme. Elle vient notamment de signer un accord avec Elon Musk pour utiliser un de ses centres de données, pour 1,25 milliard de dollars par mois. Pendant ce temps, la course à l’introduction en Bourse s’accélère. Anthropic et OpenAI ont déposé leurs dossiers en juin, quelques jours avant la cotation record attendue pour SpaceX, qui intègre son propre laboratoire d’IA xAI.
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