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Ebola change de carte et l’Afrique retient son souffle
Le virus Ebola franchit une nouvelle frontière et atteint le Nigeria, une première pour l’Afrique de l’Ouest. Les autorités sanitaires parlent d’une…

Le virus Ebola franchit une nouvelle frontière et atteint le Nigeria, une première pour l’Afrique de l’Ouest. Les autorités sanitaires parlent d’une épidémie plus complexe à contenir, alors que la souche en circulation reste dépourvue de vaccin et de traitement spécifique.
L’alerte vient de l’Organisation mondiale de la santé. L’Afrique fait face à une flambée d’Ebola plus difficile à lire et à endiguer, parce que le virus a voyagé de l’Est du continent vers le Nigeria. Ce pays, le plus peuplé d’Afrique, a repéré une personne porteuse de la souche Bundibugyo, celle qui alimente l’importante épidémie en République démocratique du Congo. La malade est une femme, épouse d’un diplomate, dont le parcours de voyage passe par l’Ouganda. Les autorités ont déjà identifié 44 personnes contacts.
Le Nigeria devient le quatrième pays africain touché par cette poussée épidémique. Le Kenya, à l’est, a lui aussi signalé neuf cas. La flambée a démarré en RDC et y est devenue la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays, avec plus de 4.000 décès pour plus de 9.000 cas confirmés depuis le début de la contagion. En cause, la souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe toujours ni vaccin ni traitement spécifique.
Pour Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, la situation est plus complexe. Le Nigeria a confirmé un cas importé de maladie à virus Ebola. La patiente est arrivée à Abuja après un séjour en Ouganda. Elle a pris un vol d’Ethiopian Airlines avec une escale à Addis-Abeba. Originaire d’Ouganda, elle réside à Abuja. Jean Kaseya, directeur général de l’agence de santé de l’Union africaine, précise qu’elle ne s’est pas rendue en RDC, contrairement à ce que les autorités ougandaises avaient d’abord laissé entendre.
Jean Kaseya avait déjà qualifié la menace d’extrêmement grave et appelé à une mobilisation internationale. En RDC, le taux de mortalité frôle les 50%. Le cas nigérian ravive le souvenir de la grande épidémie ouest-africaine, qui avait touché plusieurs pays et causé plus de 11.000 morts. À l’époque, le Nigeria avait réussi à contenir la maladie, avec 19 infections et sept décès au total.
Le virus Ebola se transmet par les fluides corporels. Il peut provoquer de graves hémorragies internes et externes ainsi que des défaillances d’organes. Il a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au fil des décennies. L’OMS avait récemment déclaré l’Ouganda exempt d’Ebola, après 20 cas dont deux décès, presque tous chez des personnes venues de RDC. Les autorités ougandaises rejettent l’idée que la patiente ait pu contracter le virus sur leur sol. Un porte-parole du gouvernement juge absurde de suggérer qu’un simple séjour en Ouganda suffise à lier le pays à Ebola. Il assure que le pays fait tout pour éviter d’être estampillé comme une zone à Ebola.
Au Nigeria, la patiente reçoit des soins dans un hôpital privé. Le représentant de l’OMS dans le pays, Pavel Ursu, évoque des signes positifs. Un responsable du Centre nigérian de contrôle et de prévention des maladies avait indiqué qu’elle avait souffert d’une défaillance multiviscérale.
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