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Aux Fidji, le soleil prend le relais d’un réseau sous tension

Les factures d’électricité grimpent et l’archipel importe tout son carburant. Dans un village fidjien, les panneaux solaires deviennent une réponse…

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Aux Fidji, le soleil prend le relais d'un réseau sous tension

Les factures d’électricité grimpent et l’archipel importe tout son carburant. Dans un village fidjien, les panneaux solaires deviennent une réponse concrète à une dépendance coûteuse.

À Rukurukulevu, des câbles électriques traversent le village entre les palmiers. Ils relient les habitants au réseau national et, pour certains, à des panneaux solaires. L’électricité a fini par atteindre le dernier bâtiment encore privé de courant, un jardin d’enfants situé à quelques mètres de la mer. Mais la facture pèse de plus en plus. Certaines maisons reçoivent des factures de 100 dollars et plus. Pour l’église, les salles communes et la maison du pasteur, on parle de 200 à presque 300 dollars par mois, rapporte le porte-parole du village, Vereniki Nalio.

Face à cette hausse, plusieurs voisins de Vereniki Nalio ont installé des panneaux solaires. Ces équipements récents visent à se passer du réseau national. La flambée des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient a changé le regard du village sur les renouvelables. Le porte-parole raconte que des annonces sur l’absence de carburant et sur l’arrêt des livraisons d’essence aux Fidji ont poussé les habitants à envisager le solaire. Certains utilisent déjà de petites lampes solaires pour éclairer les chemins entre les maisons. Le reste du village dépend encore largement du réseau, mais la suite pourrait être différente. Rukurukulevu prévoit d’équiper ses principaux bâtiments publics en solaire, avec une participation de chaque habitant aux coûts. « Le solaire est déjà là », résume Vereniki Nalio en montrant le ciel.

Les Fidji ont accueilli une réunion préparatoire à la COP31. Le pays y a pressé les dirigeants mondiaux de débloquer vite des financements pour la transition énergétique. Un épisode a illustré les fragilités du Pacifique. Une panne importante a plongé les 4 000 participants dans le noir. Le réseau fidjien, instable, avait été submergé.

Le ministre des Travaux publics, des Services météorologiques et des Transports, Ro Filipe Tuisawau, reconnaît une dépendance trop forte aux énergies fossiles. Pour en sortir, les Fidji prévoient d’investir 2 milliards de dollars fidjiens, soit 800 millions d’euros, sur dix ans. Le pays consacre jusqu’à 400 millions de dollars fidjiens, environ 159 millions d’euros, par an à l’importation de carburants polluants. Cela représente 12 % de son produit intérieur brut. « C’est une énorme ponction sur nos ressources », souligne le ministre.

L’archipel veut porter à 90 % la part du renouvelable dans sa consommation d’énergie pour 2035. Au moins 460 millions de dollars fidjiens, environ 182 millions d’euros, doivent financer des fermes solaires sur quatre ans. Environ 650 millions de dollars fidjiens, soit 258 millions d’euros, sont prévus pour deux nouveaux barrages hydroélectriques. Plus de 700 millions servent à étendre les principales lignes de transport d’électricité. Le ministre s’inquiète des prix, des tensions géopolitiques et d’El Niño. Les niveaux des barrages baissent. Sans retour de la pluie, il prévient qu’un rationnement de l’eau et de l’électricité pourrait devenir nécessaire. Les hôtels peuvent encore en profiter, mais l’eau de leurs piscines pourrait être coupée.

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