Monde
Des motards ouvrent le feu sur des campements et tuent des dizaines de civils au Mali
Des hommes armés ont attaqué plusieurs campements de la communauté Daoussahak à une cinquantaine de kilomètres de Ménaka, dans le nord-est du pays. Le…


Des hommes armés ont attaqué plusieurs campements de la communauté Daoussahak à une cinquantaine de kilomètres de Ménaka, dans le nord-est du pays. Le bilan dépasse la quarantaine de morts et des habitants fuient vers la ville.
Les assaillants sont arrivés à moto, dimanche, dans la région de Ménaka. Ils ont visé des campements dressés à environ cinquante kilomètres de la ville, notamment du côté de Tinabow et dans le secteur de Tagadayat. Ces campements appartiennent en majorité à la communauté Daoussahak, dont est issu le Mouvement pour le salut de l’Azawad, un groupe armé proche de la junte au pouvoir à Bamako. Un témoin local raconte que plusieurs dizaines de deux-roues ont surgi d’un coup, avant que les tirs ne commencent et que les habitations ne s’embrasent. Les intrus n’ont parlé à personne, ils se sont mis à tuer.
Le décompte des victimes reste flou et varie selon les interlocuteurs. Une source sécuritaire évoque une quarantaine de morts, surtout des hommes. Une autre parle de cinquante civils tués, dont des jeunes et des personnes âgées. Un élu de la localité confirme un bilan supérieur à cinquante morts, avec des femmes et des vieillards parmi les victimes. Le Bureau exécutif de la communauté Daoussahak avance de son côté au moins quarante-huit civils tués à Tagadayat et dénonce un massacre de populations sans défense.
Sur place, les habitants continuent d’affluer vers Ménaka, où les déplacés s’entassent. Le même élu signale un mouvement important de population fuyant les campements attaqués. La communauté Daoussahak réclame une aide humanitaire d’urgence pour ces familles. Un responsable sécuritaire basé à Gao rapporte que des gens arrivaient encore en ville le lendemain des faits.
Qui est derrière l’attaque ? Le Bureau exécutif de la communauté Daoussahak l’attribue à l’organisation État islamique, dans un communiqué publié lundi. Une source sécuritaire évoque des représailles après des opérations militaires récentes dans la zone et des attaques attribuées au MSA. La résidence à Ménaka du chef de ce mouvement, Moussa Ag Acharatoumane, également membre du Conseil national de transition, a aussi été prise pour cible, sans faire de victimes.
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une crise profonde qui ravage le Mali depuis 2012. Groupes affiliés à Al-Qaïda, à l’organisation État islamique, bandes criminelles et mouvements indépendantistes touaregs se disputent le terrain, sur fond de grave crise économique. Le pays, dirigé par les militaires depuis deux coups d’État en 2020 et 2021, peine à contenir les violences jihadistes. L’armée malienne avait annoncé avoir frappé la veille une base présentée comme terroriste à soixante-cinq kilomètres au sud-ouest de Ménaka.
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