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Les lycéens ne lâchent rien et une grande école de commerce rejoint la bataille

Après des semaines de mobilisation, la colère n’est pas retombée. Ce jeudi, des établissements restaient bloqués, portés par une jeunesse bien décidée à…

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Les lycéens ne lâchent rien et une grande école de commerce rejoint la bataille

Après des semaines de mobilisation, la colère n’est pas retombée. Ce jeudi, des établissements restaient bloqués, portés par une jeunesse bien décidée à se faire entendre.

Rien n’est réglé. À la veille d’un nouveau round de discussions entre les organisations lycéennes et le ministre de l’Éducation nationale, une partie des lycées français demeurait paralysée. Cette troisième rencontre doit à nouveau aborder les dossiers qui fâchent depuis le début, le bâti scolaire, Parcoursup et l’agencement des emplois du temps.

Le soutien ne vient plus seulement des lycées. Devant HEC, une vingtaine d’étudiants se sont postés avec des pancartes pour afficher leur solidarité avec le mouvement. L’un d’eux, Baptiste Hernandez, a prévenu que l’action se poursuivrait dans la matinée, sans s’éterniser sur toute la journée. Dans un texte transmis, ces élèves assument leur position. Ils se décrivent comme faisant partie des étudiants les plus favorisés du pays, et affirment que leur prise de parole n’a qu’un but, amplifier celle des collectifs concernés. Ils posent une question sans détour sur tout ce qu’il faudra encore de dégâts, de révoltes et de manifestations ignorées avant que le pouvoir en place ne se décide à agir pour l’avenir de tous.

Dans le Rhône, la mobilisation reste forte. Treize lycées de Lyon et de son agglomération, ainsi que trois universités, étaient toujours bloqués, et six interpellations ont eu lieu.

Côté gouvernement, le ministre Édouard Geffray devait passer par l’agglomération bordelaise avant la réunion prévue au ministère, à Paris. Les représentants lycéens, eux, attendent des engagements concrets. Pierre Sourzat, figure de Les Lycéens!, résume leur impatience et regrette de n’avoir récolté que des miettes jusqu’ici. La précédente rencontre, le 8 octobre, s’était soldée par une déception du côté de son association et de l’Union syndicale lycéenne, qui ont appelé à poursuivre les actions. Nathanaël Combary, de Renouveau lycéen et également adhérent de Renaissance, s’était montré plus nuancé, saluant quelques avancées, notamment sur la place des lycéens dans les instances consultatives.

Sur Parcoursup, l’exécutif se dit prêt à retoucher la plateforme et à mieux accompagner l’orientation au lycée, mais refuse de supprimer le système en place. Le plan annoncé la semaine dernière, qui prévoit le redéploiement de 3 000 enseignants titulaires remplaçants et l’embauche de contractuels, n’a pas suffi à calmer les esprits. Les lycéens mobilisés pointent surtout les heures de cours perdues faute de remplaçants.

Le mouvement, parti le 17 septembre d’un établissement de banlieue parisienne, s’est étendu à tout le territoire, porté par des étudiants et des syndicats. Mercredi, encore 160 établissements étaient bloqués selon les chiffres ministériels. Sur les 3 700 lycées français, un tiers n’a jamais été perturbé, un tiers a connu des troubles limités, et un dernier tiers a subi des perturbations plus lourdes. Le ministre s’est plusieurs fois emporté contre une violence dirigée, selon lui, contre le service public de l’éducation. Trente-sept établissements ont été partiellement incendiés, environ 150 personnels ont été blessés et la police des polices a ouvert 36 enquêtes.

Les proviseurs, à bout, étaient appelés par leur syndicat à ne traiter que les urgences pour exprimer leur ras-le-bol. Au sommet de l’État, on redoute une vague de décrochage, en particulier dans la voie professionnelle, et on mise sur les vacances pour éteindre le conflit. Mais la mobilisation ne faiblit pas. Mardi, elle a rassemblé entre 161 000 et 480 000 personnes, et des organisations de jeunesse appellent déjà à défiler samedi aux côtés des gilets jaunes.

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