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Bardella mise sur Ceuta pour porter son combat migratoire à l’échelle européenne

Le président du Rassemblement national a choisi l’enclave espagnole de Ceuta, marquée par un afflux record cet été, pour exposer ses idées sur…

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Bardella mise sur Ceuta pour porter son combat migratoire à l'échelle européenne

Le président du Rassemblement national a choisi l’enclave espagnole de Ceuta, marquée par un afflux record cet été, pour exposer ses idées sur l’immigration. Il y a affiché son entente avec le parti espagnol Vox, à quelques semaines d’élections décisives des deux côtés des Pyrénées.

Jordan Bardella s’est rendu lundi à Ceuta, cette enclave espagnole plantée au nord du Maroc, pour y défendre ses propositions contre l’immigration. Le déplacement n’avait rien d’anodin. Il s’est fait main dans la main avec Santiago Abascal, le chef du parti d’extrême droite espagnol Vox, le jour même de la fête nationale espagnole. Un symbole fort, à l’heure où l’Espagne comme la France s’apprêtent à voter.

Cet été, Ceuta a bel et bien vécu une crise migratoire majeure. Plus de 70.000 personnes y sont entrées illégalement depuis le Maroc voisin, les 30 et 31 juillet. La grande majorité est ensuite repartie vers le Maroc, mais l’ampleur de cet afflux a secoué Madrid et provoqué de vives tensions diplomatiques au sein de l’Union européenne. C’est ce décor que le dirigeant français a pris pour toile de fond. Selon lui, ce qui s’est joué là-bas annonce « le futur de l’Europe si nous ne reprenons pas urgemment le contrôle de nos frontières nationales et européennes ».

Devant la presse, les deux hommes ont chargé le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez. Jordan Bardella a fustigé un « appel d’air aux conséquences gravissimes », qu’il relie aux régularisations de sans-papiers décidées selon lui à Madrid. À ses yeux, ces mesures ont « donné le coup d’envoi d’une ruée vers l’Europe ». Il a aussi critiqué le soutien affiché par la France au Premier ministre espagnol et son « fanatisme migratoire », tout en saluant la décision de la dirigeante italienne Giorgia Meloni, qu’il juge « courageuse et responsable », d’avoir suspendu temporairement la libre circulation de l’espace Schengen avec l’Espagne.

Les deux alliés se sont renvoyé l’ascenseur. Santiago Abascal a soutenu Jordan Bardella pour devenir le « futur Premier ministre de la France », si Marine Le Pen, candidate du RN à la présidentielle, accède à l’Élysée. En retour, le président du RN a appelé les Espagnols à voter Vox lors des législatives anticipées du 29 novembre. « Avec des gouvernements renouvelés et les patriotes au pouvoir, nos deux pays pourront compter l’un sur l’autre pour œuvrer ensemble à la sécurisation des frontières de l’Europe », a-t-il lancé. Il a rappelé son ambition pour le printemps 2027, quand la France, si les électeurs lui font confiance, demandera que la libre circulation dans Schengen soit réservée aux seuls ressortissants européens.

Interrogé enfin sur les propos antisémites de jeunesse que lui prête le média d’investigation Mediapart, Jordan Bardella a une nouvelle fois démenti. Cette affaire, selon lui, a « fait pschitt ». Et d’ajouter que plus la presse se livrerait à des « campagnes de calomnie » contre son camp, plus les Français se sentiraient visés et plus les scores de son parti grimperaient.

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