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Jordan Bardella, un compte effacé qui fragilise toute sa défense

Le président du Rassemblement national jure n’avoir jamais écrit les propos antisémites qu’on lui attribue. De nouvelles révélations sur un compte…

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Jordan Bardella, un compte effacé qui fragilise toute sa défense

Le président du Rassemblement national jure n’avoir jamais écrit les propos antisémites qu’on lui attribue. De nouvelles révélations sur un compte Facebook effacé en toute hâte viennent pourtant contredire sa version.

Jordan Bardella voulait croire que l’affaire allait se tasser. Depuis dix jours, le patron du Rassemblement national répète qu’il n’a jamais prononcé ces phrases ignobles, qu’on cherche à l’abattre politiquement et que le pays traverse une crise d’hystérie collective. Sauf que de nouvelles pièces, rendues publiques ces derniers jours, viennent contredire sa version. Et elles ne portent pas seulement sur le fond. Elles touchent à la manière dont il a réagi aux premières révélations.

Car selon un hebdomadaire satirique, le numéro un du parti à la flamme n’a pas attendu pour faire le ménage. Dès les premières fuites, il aurait vidé un de ses anciens comptes Facebook. Pas celui, personnel, depuis lequel il est soupçonné d’avoir échangé à 17 ans des messages sans ambiguïté sur les banques ou sur les Juifs. Un second compte, ouvert quand il militait encore au Front national, avant que le mouvement ne devienne le RN. Toutes les données auraient été gommées en l’espace de quelques jours, entre la fin septembre et le début octobre. L’hebdomadaire affirme détenir des extractions de conversations privées qui attestent ce nettoyage précipité. La direction du parti crie au faux et annonce une nouvelle plainte en diffamation, qui s’ajoute à celle déjà déposée.

La défense a bien du mal à tenir droite. Face à la presse, Jordan Bardella a assuré qu’il n’avait pas de compte Facebook et qu’il n’utilisait plus ce réseau depuis longtemps. Trois jours plus tard, sa formation jure qu’il ne s’est jamais connecté à un quelconque compte et qu’il n’a jamais supprimé le moindre message. Deux versions qui ne racontent pas tout à fait la même histoire. En interne, le doute s’installe. Un proche de Marine Le Pen veut encore y croire. Il faudrait une vidéo, un enregistrement de sa voix pour le confondre, et il est trop lisse pour tomber dans ce piège. Alors, forcément, ça ressemble de plus en plus à une manipulation.

Marine Le Pen, elle, garde le cap. Elle a renouvelé sa confiance à mille pour cent en celui qu’elle veut installer à Matignon si elle l’emporte au printemps. Elle a aussi dénoncé une manœuvre infâme. Mais elle n’a rien dit des dernières pièces, histoire de ne pas leur donner d’importance, glisse son entourage.

Les révélations, elles, continuent de pleuvoir. Un site d’investigation assure avoir établi un lien direct entre l’ancien compte Facebook personnel et le compte X, toujours actif, de Jordan Bardella. En croisant les archives, des messages presque identiques surgissent à quelques heures d’intervalle sur les deux réseaux, fautes d’orthographe comprises. Un cas revient souvent. Celui d’un conseiller économique de François Hollande, Emmanuel Macron, présenté comme employé chez Rothschild, le nom juif étant chaque fois écorché de la même façon. Autre exemple, la gauche puis les socialistes accusés d’avoir voté les pleins pouvoirs à Pétain. L’entourage du patron du RN balaie tout cela et juge le nouvel article grotesque.

Il existe pourtant un moyen simple de prouver sa bonne foi. Un quotidien a retrouvé une adresse mail qu’il utilisait au début des années 2010 et qui reste rattachée à un compte Facebook. Il pourrait donc, techniquement, demander au réseau social l’historique de ses anciennes conversations et le confronter aux données déjà publiées. De quoi dissiper les doutes chez les 61% de Français qui ne sont pas convaincus, selon un sondage. Pour l’heure, Jordan Bardella s’en tient à la thèse du complot. Il laisse à chacun le soin d’apprécier ce qui se passe, le timing et les méthodes, persuadé que le temps finira par révéler la vérité.

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