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Riyad sous les missiles, le Yémen s’enfonce un peu plus dans la guerre

Des explosions ont secoué la capitale saoudienne, poussant diplomates et écoliers à se mettre à l’abri. Au même moment, l’offensive lancée au Yémen a déjà…

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Riyad sous les missiles, le Yémen s'enfonce un peu plus dans la guerre

Des explosions ont secoué la capitale saoudienne, poussant diplomates et écoliers à se mettre à l’abri. Au même moment, l’offensive lancée au Yémen a déjà jeté plus de 200 000 personnes sur les routes.

Des détonations ont retenti dans Ryad, l’un des épisodes les plus violents depuis le début du conflit régional. Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont revendiqué une attaque au missile balistique contre l’aéroport international de la capitale. Dans leur communiqué, ils répètent, en affirmant que c’est la dernière fois, leur appel aux compagnies aériennes à éviter le pays. Sur place, des journalistes ont rapporté une série d’explosions. Dans le quartier diplomatique, les représentants étrangers ont rejoint des lieux sûrs. Les écoles internationales ont appliqué leurs consignes de sécurité, avec des enfants descendus dans des sous-sols. Et dans le quartier d’affaires, plusieurs entreprises ont fait évacuer leur personnel.

Ce n’est pas un épisode isolé. La veille, les autorités aériennes avaient déjà annoncé trois morts et des dizaines de blessés après des frappes visant deux aéroports du royaume. Depuis des semaines, les combattants pro-iraniens visent régulièrement des sites militaires et pétroliers saoudiens. Un détail qui pèse lourd, quand on sait que l’Arabie saoudite est le premier exportateur mondial de brut. La guerre s’est rallumée en juillet, après des années de calme, et elle est devenue le nouveau front du conflit au Moyen-Orient, lui-même déclenché par les frappes israélo-américaines contre l’Iran à la fin février.

Sur le sol yéménite, les affrontements n’ont pas faibli. L’opération « Aube du Yémen », menée par les forces gouvernementales avec l’appui aérien saoudien, a fait plus de 330 morts depuis son lancement en début de semaine. Son but est clair, repousser les Houthis. Ces derniers contrôlent Sanaa et de larges pans du pays depuis plus de dix ans, et ils ont pris en septembre, au terme d’une offensive éclair, l’ensemble du littoral yéménite donnant sur la mer Rouge. Ils ont aussi renforcé leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, un point de passage stratégique qui relie l’Asie à l’Europe via le canal de Suez.

Le gouvernement parle de « victoires sur plusieurs fronts ». Les Houthis démentent avoir cédé du terrain. Et les sources militaires des deux camps n’ont signalé aucun changement majeur sur les lignes de front. Ce qui est certain, c’est le coût humain. Plus de 200 000 personnes ont été déplacées par la reprise des hostilités au Yémen, dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique. L’organisation onusienne chargée des migrations a alerté sur le manque de financements pour répondre à cette nouvelle crise.

Face à ces attaques répétées, Ryad et ses alliés ont réclamé à plusieurs reprises un soutien international, en particulier celui des Etats-Unis, sans obtenir gain de cause jusqu’ici. Une autre carte vient d’être posée sur la table. La Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite se sont entendus pour passer « immédiatement à la mise en pratique » d’un accord de défense signé en août à La Mecque. Les trois pays ont annoncé leur intention de fournir les forces et les moyens militaires convenus, et de les déployer rapidement dans le royaume.

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