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Le pétrole s’accroche au-dessus des 100 dollars et les taux s’envolent, l’Europe boursière serre les dents

Les investisseurs européens devraient rester sur la défensive ce jeudi, coincés entre un baril de Brent qui ne redescend pas et des rendements…

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Le pétrole s'accroche au-dessus des 100 dollars et les taux s'envolent, l'Europe boursière serre les dents

Les investisseurs européens devraient rester sur la défensive ce jeudi, coincés entre un baril de Brent qui ne redescend pas et des rendements obligataires qui ne cessent de grimper. Dans la journée, la BCE dévoile le compte rendu de sa dernière réunion, sur fond d’inflation toujours trop élevée.

Ça s’annonce mal pour les places européennes. À l’ouverture, Paris devrait lâcher 0,38%, Francfort 0,46% et Londres 0,48%. L’EuroStoxx 50 est attendu en repli de 0,55%, le Stoxx 600 en baisse de 0,49%. Les opérateurs abordent la séance sans enthousiasme, refroidis par deux dossiers qui ne les lâchent plus depuis plusieurs jours, la flambée du pétrole et la remontée des taux obligataires.

Le baril de Brent se maintient nettement au-dessus des 100 dollars. Dans le même temps, les rendements des obligations françaises et italiennes continuent de s’envoler. La prime de risque que réclament les investisseurs pour prêter à la France plutôt qu’à l’Allemagne dépasse désormais 140 points de base sur l’échéance à dix ans, après avoir touché la semaine dernière un sommet inédit depuis 2012, à près de 160 points. Côté italien, le rendement à dix ans s’est rapproché de son plus haut d’octobre 2023, à 4,646%.

Cette nervosité ne se limite pas à l’Europe. En Asie comme aux États-Unis, la même tendance s’est manifestée. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans, qui fait référence pour le coût de l’argent partout dans le monde, a atteint son plus haut niveau depuis 2002, à 5,365%. Les craintes inflationnistes nourries par les prix de l’énergie se doublent d’un doute plus large sur l’endettement de certains pays de la zone euro, France et Italie en tête.

Le compte rendu de la réunion de septembre de la Fed, publié la veille, montre que ses responsables n’étaient pas tous d’accord sur les raisons de relever les taux. Certains insistaient sur la nécessité de répondre au choc énergétique, d’autres, plus prudents, plaçaient la lutte contre l’inflation en priorité. Les marchés attendent maintenant le compte rendu de la BCE, alors que l’inflation a encore accéléré dans la zone euro le mois dernier, à 3,8%, bien au-delà de l’objectif de Francfort.

Pendant ce temps, New York a terminé en baisse mercredi, au lendemain de records pour le S&P-500 et le Nasdaq. Le Dow Jones a perdu 0,66%, le S&P-500 0,22% et le Nasdaq Composite 0,22%. À Tokyo, le Nikkei a reculé de 1,42% et le Topix de 1,51%. En Chine, Shanghai lâche 1% et le CSI 300 1,3%, tandis que l’indice MSCI des valeurs d’Asie-Pacifique hors Japon recule de 1,2%.

Le pétrole poursuit sa hausse. Le Brent gagne 2,77% à 102,97 dollars le baril et le WTI 2,55% à 90,53 dollars, les inquiétudes sur l’approvisionnement au Moyen-Orient restant vives après les attaques contre des navires. Sur le front des devises, le dollar est stable, l’euro s’échange à 1,1197 dollar et la livre à 1,3194 dollar. L’agenda du jour reste léger, avec la balance commerciale allemande et les inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis. Les résultats d’entreprises se font rares aussi, seuls Fast Retailing, Tesco et PepsiCo sont attendus, avant le vrai coup d’envoi la semaine prochaine outre-Atlantique.

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