Planète
Lynda Tabuya veut que l’argent du climat arrive enfin dans les villages du Pacifique
La ministre fidjienne du Climat copréside la pré-COP avec son homologue australien, et elle a un message très concret à faire passer aux délégués. Dans…


La ministre fidjienne du Climat copréside la pré-COP avec son homologue australien, et elle a un message très concret à faire passer aux délégués. Dans son propre village, il a fallu plus de dix ans pour financer des panneaux solaires.
La conférence préparatoire à la COP31 se déroule dans la ville fidjienne de Nadi et dans l’État insulaire de Tuvalu, sous la présidence de Lynda Tabuya et de son homologue australien Chris Bowen. Ce rendez-vous sert de mise en jambes avant la grande conférence onusienne prévue en fin d’année en Turquie. Pour la ministre fidjienne de l’Information, de l’Environnement et du Climat, l’urgence ne se joue pas dans les discours mais dans les virements. Elle demande aux délégués d’accélérer la distribution des fonds destinés aux solutions climatiques.
Son constat tient en peu de mots. Même une fois le financement obtenu, le parcours reste interminable. Il faut parfois compter entre trois et cinq ans avant que l’argent n’arrive réellement, et ce blocage ne concerne pas seulement les villages. Les gouvernements eux-mêmes le ressentent au quotidien. Cette lenteur, la ministre la qualifie de frustrante, et elle en connaît le prix exact.
Son village, Tiliva, se trouve sur l’île de Kadavu, à environ 90 kilomètres au sud de l’île principale de l’archipel. La montée du niveau de la mer y a déjà grignoté près de quatre mètres de littoral. Des familles ont dû se réinstaller plus haut, dans les collines, mais l’eau ne se retire pas pour autant. À marée haute, le sol reste détrempé. Et pendant plus d’une décennie, ce village sans raccordement au réseau électrique a attendu le financement nécessaire à l’installation d’un système photovoltaïque.
Pour Lynda Tabuya, la solution ne passera pas par de nouveaux prêts. Elle réclame des subventions, seul moyen selon elle de payer une digue, celle dont son village a besoin, et de sortir de l’impasse. Son argument est simple. Les pays du Pacifique comptent parmi ceux qui émettent le moins de gaz à effet de serre, et figurent pourtant parmi les plus durement frappés. La ministre appelle donc la communauté internationale à revoir en profondeur la structure actuelle du financement climatique, pour la rendre plus simple et plus rapide.
Les États de la région ne comptent pas attendre que tout se décide ailleurs. Le gouvernement fidjien a annoncé cette semaine une contribution de 10 millions de dollars, soit près de 8,9 millions d’euros, au fonds baptisé Pacific Resilience Facility. Les dirigeants du Pacifique espèrent y lever 500 millions de dollars. Pour l’instant, les engagements réunis représentent moins de la moitié de cette somme. Le Royaume-Uni a de son côté versé 10 millions de livres sterling, l’équivalent d’environ 7,56 millions d’euros.
Ce fonds, la représentante britannique pour le climat Rachel Kyte le voit comme un possible point de bascule pour la région. Il a été imaginé par les populations du Pacifique, puis mis sur pied par elles. Il leur appartient et ce sont elles qui le gèrent, souligne-t-elle, pendant que d’autres pays y injectent des moyens. Résultat, très peu d’intermédiaires et quasiment pas d’organisations internationales dans le circuit. L’argent file directement vers les communautés qui subissent de plein fouet le changement climatique.
À lire aussi





Faits DiversEn Ligne 6 joursRachida Dati risque de perdre sa mairie dès sa condamnation



PolitiqueEn Ligne 5 joursOlivier Faure accuse Jordan Bardella de mensonge et lui ferme la porte de Matignon



SociétéEn Ligne 4 joursUne Marche des fiertés très politique défile à Paris avant la présidentielle



PolitiqueEn Ligne 5 joursUn million de voitures électriques à 100 euros par mois, la promesse de Glucksmann aux Français modestes



PolitiqueEn Ligne 3 joursBudget 2027, Wauquiez écarte la censure et promet 20 milliards d’économies de plus



PolitiqueEn Ligne 5 joursLa colère des lycées déborde et met l’exécutif sous pression



SociétéEn Ligne 6 joursBlocages de lycées dans toute la France, Lecornu réunit sa cellule de crise



SociétéEn Ligne 3 joursJusqu’à 500 lycées fermés lundi, 24 établissements saccagés








