Politique
Messages antisémites, Macron interpelle le RN et Bardella lui répond du tac au tac
Des messages antisémites attribués à Jordan Bardella refont surface, et Emmanuel Macron demande au Rassemblement national de clarifier sa ligne. Le…


Des messages antisémites attribués à Jordan Bardella refont surface, et Emmanuel Macron demande au Rassemblement national de clarifier sa ligne. Le président du RN riposte aussitôt, dans une campagne présidentielle déjà lancée.
Tout remonte à des écrits antisémites datant de 2013. Un site d’investigation les a rendus publics et les attribue à Jordan Bardella, alors simple militant du Front national. Devenu patron du Rassemblement national, l’intéressé conteste formellement en être l’auteur. Les messages évoquent les banques, le peuple juif, les sionistes, avec des formulations d’une rare dureté. Jordan Bardella assure faire face à « l’accusation la plus ignoble » qui l’ait jamais visé, et refuse de se laisser imposer ce qu’il décrit comme une exécution politique.
Emmanuel Macron n’a pas laissé filer l’occasion. En déplacement à Madrid, où il a rencontré le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, le chef de l’État a qualifié ces propos « rapportés évidemment gravissimes et inacceptables ». Il a demandé aux responsables du parti de « clarifier la ligne, les mots et les gens qui, dans leur parti, peuvent prononcer de telles choses ». Une manière de renvoyer le RN à ses contradictions, sans se contenter den haut.
La réponse est tombée vite. Moins d’une heure plus tard, Jordan Bardella a répliqué sur X. « Après le 7 octobre 2023, j’ai marché dans les rues de Paris, et me suis rendu en Israël. Pas lui », a-t-il cinglé, en visant directement le président. Emmanuel Macron s’était bien rendu à Jérusalem et en Cisjordanie en octobre 2023, dix-sept jours après les attaques du Hamas contre Israël. Mais il n’avait pas pris part à la marche contre l’antisémitisme organisée à Paris en novembre 2023, aux côtés des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, expliquant vouloir préserver l’unité du pays. Jordan Bardella, lui, s’est rendu en Israël en mars 2025, invité par le gouvernement israélien pour une conférence contre l’antisémitisme.
Le chef de l’État a aussi pointé la « violence langagière » de Marine Le Pen. La veille, la candidate d’extrême droite avait conseillé au site d’investigation de revêtir un « costard en Kevlar », allusion aux gilets pare-balles. Une formule que le site a jugée d’une « violence sidérante ». Pour Emmanuel Macron, cette escalade verbale finit toujours par en entraîner d’autres, et un débat démocratique doit s’accompagner de respect, même quand les mots sont métaphoriques.
Le reste de la classe politique s’est engouffré dans la brèche. Édouard Philippe a estimé que le RN prétend avoir changé, mais que ses cadres tiennent régulièrement des propos scandaleux. Gabriel Attal a jugé gravissime qu’une personnalité aspirant un jour à Matignon ait pu écrire de tels mots. Raphaël Glucksmann y voit la fin de la stratégie de dédiabolisation menée depuis 2011, rappelant que ce parti a été fondé dans la violence et que cela reste inscrit dans son ADN. Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a de son côté assuré n’avoir « jamais cru » que le RN soit devenu le bouclier de la communauté juive. Chez Les Républicains, Bruno Retailleau a pour l’instant choisi de garder le silence.
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