Europe
Presque neuf ans après sa fuite, Carles Puigdemont peut enfin rentrer en Espagne
Le Tribunal suprême espagnol a levé mardi le mandat d’arrêt qui visait le dirigeant indépendantiste catalan. Cette décision découle de la loi d’amnistie…


Le Tribunal suprême espagnol a levé mardi le mandat d’arrêt qui visait le dirigeant indépendantiste catalan. Cette décision découle de la loi d’amnistie, et elle ouvre la voie à son retour après presque neuf ans passés en Belgique.
Le mandat d’arrêt qui empêchait Carles Puigdemont de fouler le sol espagnol a été levé ce mardi. Il le visait dans l’enquête sur la tentative de sécession de la Catalogne, et cette mesure le contraignait à rester loin du pays depuis des années. La décision tombe au lendemain de l’annonce d’élections anticipées pour la fin novembre par Pedro Sánchez. La plus haute juridiction du pays a suivi la validation constitutionnelle de la loi d’amnistie, y compris pour le détournement de fonds, le délit qui maintenait encore cette interdiction.
Derrière cette levée, il y a un marchandage politique. En 2023, les voix du petit parti de Puigdemont, Junts per Catalunya, avaient été indispensables à l’investiture de Pedro Sánchez. En échange, le dirigeant socialiste avait accepté une loi d’amnistie pour les responsables catalans. Le texte a été définitivement adopté au Parlement en mai 2024, après de vifs débats dans la société espagnole et une opposition de droite vent debout contre la mesure. Le Tribunal suprême avait toutefois estimé qu’elle ne s’appliquait pas aux personnes poursuivies pour détournement de fonds publics, ce qui bloquait le retour de l’intéressé. La justice européenne a finalement validé la loi en juillet, la présentant comme un outil destiné à apaiser les tensions et à favoriser la réconciliation.
Pedro Sánchez s’est réjoui de cette nouvelle, y voyant la possibilité pour la Catalogne de « regarder vers l’avenir ». Il a ajouté que son gouvernement contribuait ainsi à aider la société catalane, qui l’avait réclamé tout au long de cette période. Face à lui, Alberto Núñez Feijóo, à la tête du Parti populaire, a dit respecter la décision du Tribunal suprême tout en dénonçant une « tromperie ». Sur X, il a fustigé ce qu’il considère comme un échange de faveurs contre le pouvoir, estimant que cela devait être sanctionné dans les urnes.
Carles Puigdemont doit s’exprimer depuis Waterloo, sa résidence officielle près de Bruxelles. Il devrait notamment préciser quand et comment il compte rentrer. Au moment des faits, il présidait cette riche région du nord-est de l’Espagne. Il avait quitté le pays quelques jours après la proclamation d’indépendance d’octobre 2017, échappant ainsi à l’arrestation qui avait frappé d’autres membres de son gouvernement. Depuis, il n’avait passé que quelques heures sur le sol espagnol, lors d’une visite éclair en 2024.
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