Faits Divers
Donald Trump valide le peloton d’exécution pour le tueur de Fort Hood
L’armée américaine n’avait pas fusillé un condamné depuis plus de six décennies. Le président Trump vient pourtant d’approuver cette méthode pour Nidal…


L’armée américaine n’avait pas fusillé un condamné depuis plus de six décennies. Le président Trump vient pourtant d’approuver cette méthode pour Nidal Hasan, l’auteur de la tuerie qui a frappé la base de Fort Hood en 2009.
Le feu vert est tombé. Nidal Hasan pourrait être fusillé, une méthode que l’armée américaine n’a plus employée depuis 1961. Le ministre de la Défense Pete Hegseth a porté la recommandation, et Donald Trump l’a validée. La date et le lieu de l’exécution restent à fixer. « Le jour du Jugement est enfin arrivé pour Hasan », a fait savoir un porte-parole du Pentagone.
Tout bascule le 5 novembre 2009. Ce psychiatre de l’armée, Américain de confession musulmane né de parents palestiniens, ouvre le feu dans un centre médical de l’immense base texane. Sa cible, des soldats qu’il voulait empêcher de partir combattre en Afghanistan et en Irak, deux guerres à ses yeux illégales. Treize personnes meurent, dont douze militaires, et des dizaines d’autres sont blessées. Les enquêteurs voient en lui un loup solitaire rattaché à Al-Qaïda.
Lors de son procès, Hasan a choisi d’assurer seul sa défense, sans faire témoigner quiconque. Il n’a jamais nié les accusations portées contre lui. En refusant les avocats commis d’office, il semblait surtout courir après la peine capitale, et la justice militaire la lui a accordée en 2013. Les audiences avaient aussi mis au jour ses échanges en ligne avec une figure présumée d’Al-Qaïda, l’imam américain Anwar al-Awlaqi, tué en 2011 par un drone au Yémen. Touché lors de l’attaque, Hasan est aujourd’hui partiellement paralysé et détenu dans une prison militaire du Kansas.
Sa mise à mort relance un débat jamais éteint sur la peine capitale outre-Atlantique. Le peloton d’exécution reste en vigueur dans cinq Etats, mais l’armée, elle, ne l’avait pas utilisé depuis 1961. La controverse a repris de plus belle après le calvaire de Christa Pike, une condamnée du Tennessee qui a survécu à deux injections létales et se trouve toujours hospitalisée dans un état critique. Elle devait devenir la première femme exécutée dans cet Etat depuis plus de deux siècles.
Les bases militaires américaines ont connu d’autres drames comparables ces dernières années. En 2025, un soldat a blessé cinq de ses camarades sur une installation de Géorgie avant d’être maîtrisé. En 2019, un matelot a tué deux personnes et en a blessé une troisième à Hawaï, tandis qu’un étudiant saoudien d’une école militaire faisait trois morts en Floride. En 2015, un Américain né au Koweït s’en prenait à deux sites du Tennessee, tuant quatre marines et un matelot, un acte que la police fédérale avait rattaché à un « groupe terroriste étranger ». Deux ans plus tôt, un homme semait la mort au Washington Navy Yard, faisant douze victimes et huit blessés avant d’être abattu.
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