Faits Divers
Quatre mois ferme pour Thierry Ehrmann, le sculpteur qui défie son maire depuis vingt ans
Le fondateur d’Artprice a été condamné à de la prison ferme pour avoir menacé de mort l’édile de Saint-Romain-au-Mont-d’Or, la commune qui abrite son…


Le fondateur d’Artprice a été condamné à de la prison ferme pour avoir menacé de mort l’édile de Saint-Romain-au-Mont-d’Or, la commune qui abrite son musée hors norme. Il conteste la décision et promet de faire appel.
Le tribunal correctionnel de Lyon a tranché, et il est allé beaucoup plus loin que le parquet. Thierry Ehrmann, homme d’affaires et sculpteur, écope de quatre mois de prison ferme pour avoir menacé de mort Guillaume Malot, le maire de Saint-Romain-au-Mont-d’Or, une petite commune cossue située à l’ouest de Lyon. Les faits remontent à septembre 2025 et ont été filmés devant un commerce du centre-ville. Lors de l’audience, le ministère public s’était contenté de réclamer douze mois de prison avec sursis.
Du côté de la mairie, on accueille la nouvelle avec soulagement. L’avocat de l’édile salue une décision qui envoie un message clair, celui que les menaces visant les élus ne peuvent pas rester sans réponse pénale. Selon lui, le maire va enfin pouvoir tourner la page et laisser derrière lui ce dossier qui empoisonne la vie locale depuis des années.
Thierry Ehrmann, lui, refuse ce verdict. Le patron d’Artprice, poids lourd mondial de la cotation du marché de l’art, jure qu’il n’a jamais proféré ces menaces. Il dénonce un jugement rendu sur la base d’un enregistrement qu’il qualifie d’inaudible, et annonce déjà son intention de faire appel.
Cette affaire plonge ses racines dans un conflit bien plus ancien. À Saint-Romain-au-Mont-d’Or, Thierry Ehrmann a installé la Demeure du Chaos, un musée privé à ciel ouvert qui rassemble plus de 6.000 oeuvres, presque toutes de sa main. Des sculptures de métal rouillé y côtoient des manifestes dadaïstes et situationnistes, des idéogrammes chinois et des portraits rupestres au pochoir représentant artistes, dirigeants, dictateurs ou terroristes. Les murs d’enceinte de cet ensemble extravagant sont noircis et maculés d’inscriptions libertaires. Atteint d’une maladie neurodégénérative, l’artiste affirme qu’elle lui offre, de son propre aveu, une créativité et une force extraordinaires.
Le bras de fer avec la municipalité a démarré en 2004, quand le maire de l’époque avait poursuivi l’artiste pour non-respect du code de l’urbanisme. Vingt ans plus tard, il s’est refermé sur une forme de reconnaissance. En 2025, le ministère de la Culture a classé la Demeure du Chaos comme une oeuvre d’art totale, au même rang que le Palais idéal du facteur Cheval. Reste désormais à savoir ce que l’appel d’Ehrmann changera à cette étrange histoire, où l’art, le droit et la vie d’un village se retrouvent inextricablement mêlés.
À lire aussi





SociétéEn Ligne 3 joursElle fait fuir l’agresseur d’une passagère du RER C et se voit remettre la médaille du mérite



PolitiqueEn Ligne 6 joursNathalie Arthaud lance sa campagne et s’en prend frontalement à Jean-Luc Mélenchon



PolitiqueEn Ligne 6 joursPlace de la Concorde, la droite et l’extrême droite répondent en masse à la messe du pape



Faits DiversEn Ligne 5 joursRachida Dati face à un verdict qui peut lui coûter sa mairie et son avenir



PolitiqueEn Ligne 3 joursSelon Tanguy, d’anciens militants antisémites seraient à l’origine de la fuite visant Bardella



Faits DiversEn Ligne 2 joursRachida Dati risque de perdre sa mairie dès sa condamnation



PolitiqueEn Ligne 3 joursÉdouard Philippe sort enfin sa réforme des retraites



Faits DiversEn Ligne 2 joursDerrière Gims, une machine à blanchir un milliard d’euros








