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Macron tend la main aux lycéens en colère et ferme la porte aux violences

Le chef de l’Etat dit comprendre les inquiétudes et les colères d’une jeunesse qui descend dans la rue, sans jamais excuser les débordements qui secouent…

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Macron tend la main aux lycéens en colère et ferme la porte aux violences

Le chef de l’Etat dit comprendre les inquiétudes et les colères d’une jeunesse qui descend dans la rue, sans jamais excuser les débordements qui secouent les lycées. Parti de Créteil, le mouvement ne faiblit pas et embarrasse un gouvernement partagé entre dialogue et rappel à l’ordre.

Tout est parti de l’académie de Créteil, dans le Val-de-Marne, avant de gagner la capitale puis une bonne partie de la province. Depuis le 21 septembre, des lycéens bloquent leurs établissements et défilent pour dénoncer des conditions d’apprentissage qui se dégradent. Classes surchargées, professeurs manquants, emplois du temps intenables… leurs revendications trouvent un écho grandissant, portées notamment par l’Union syndicale lycéenne. Et le mouvement grossit un peu plus chaque jour, au point de surprendre le pouvoir.

Face à cette mobilisation, Emmanuel Macron a voulu occuper une ligne de crête. Il a affirmé comprendre « les angoisses » et parfois « les colères » de la jeunesse française. Mais il a aussitôt posé une borne, en rappelant qu’aucun de ces débats ni de ces craintes ne pouvait légitimer la violence. Le chef de l’Etat s’exprimait aux côtés du président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, lors d’une conférence de presse commune à Madrid.

Il a aussi ciblé, sans les nommer, les responsables politiques qui viennent « devant les lycées pour exciter les élèves ». Une attitude jugée « inacceptable ». Ces élus, souligne-t-il, sont arrivés par les urnes, dans un cadre organisé, et ne sont pas là pour attiser les peurs. Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, est notamment montré du doigt pour avoir estimé que la violence « peut être légitime », tout en admettant qu’il vaut mieux l’éviter quand c’est possible.

Les chiffres, eux, donnent la mesure du phénomène. Le ministère de l’Intérieur recense 440 interpellations, en majorité des mineurs, en marge des rassemblements et des blocages. En Ile-de-France, 75 lycées sont perturbés et 36 ont été le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations. Le ministre de l’Education nationale a précisé que 76 personnes, élèves ou personnels, avaient été blessées depuis le début du mouvement. Il réaffirme que les revendications portées sont « légitimes » et doivent « être entendues et écoutées », tout en répétant que la violence, elle, n’a aucune justification.

Du côté des lycéens, la porte reste ouverte. Le président de l’Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, se dit prêt à rencontrer le ministre pour obtenir des mesures concrètes. En tête de ses demandes figure la surcharge des emplois du temps et des classes, où l’on peut se retrouver « à 32 ou 36 », un chiffre qu’il juge énorme. Pour lui, la situation actuelle découle d’une « violence institutionnelle et sociale » subie par de nombreux jeunes depuis maintenant neuf ans, soit depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée en mai 2017.

L’Union syndicale lycéenne croit en une « convergence des luttes » avec l’Union étudiante, qui appelle de son côté à des manifestations et à des blocages d’universités la semaine prochaine. De quoi élargir encore un peu plus un mouvement parti des lycées, qui compte bien ne pas s’arrêter là.

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