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Elle fait fuir l’agresseur d’une passagère du RER C et se voit remettre la médaille du mérite

Marguerite Dorvilien a sauvé une jeune femme de 26 ans attaquée dans une rame du RER C, le 16 octobre 2025. Lundi soir, à Paris, cette directrice d’école…

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Elle fait fuir l'agresseur d'une passagère du RER C et se voit remettre la médaille du mérite

Marguerite Dorvilien a sauvé une jeune femme de 26 ans attaquée dans une rame du RER C, le 16 octobre 2025. Lundi soir, à Paris, cette directrice d’école et pasteure a été décorée pour ce geste qui a fait basculer la peur de camp.

Elle s’appelle Marguerite Dorvilien, elle a 45 ans, et depuis lundi soir, elle porte la médaille nationale du mérite. La cérémonie s’est tenue à Paris, en présence du ministre des Transports Philippe Tabarot, qui a fait de la sécurité dans les transports son principal combat, et de la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, laquelle l’avait déjà récompensée auparavant.

Tout remonte au 16 octobre 2025, dans une rame du RER C, au sud de Paris. Ce jour-là, cette femme se retrouve seule face à un homme en train de s’en prendre à une passagère. La victime, une Brésilienne de 26 ans prénommée Jhordana, crie, tente d’échapper à son agresseur, qui la frappe et la blesse au visage. La rame est vide. Marguerite Dorvilien n’appelle personne, elle ne détourne pas le regard. Elle s’approche, adresse la parole à l’homme, sort son téléphone et le filme. L’agresseur finit par fuir. « Dans son film, on voit clairement que la tête de l’agresseur change au moment où Marguerite intervient, et que la peur change de camp d’un seul coup », raconte son ami Samuel Renson, pasteur à Champagne-sur-Oise, invité à la cérémonie.

Depuis, celle que sa famille surnomme tour à tour « la fusée » ou « l’ouragan » dit regarder autrement ce qui l’entoure. « Avant, je ne faisais pas attention à ce qui m’entourait dans les transports, aujourd’hui je pourrais facilement décrire les gens autour de moi », confie-t-elle. Jhordana, elle, était sur son portable et n’a pas compris tout de suite qu’elle était repérée par son agresseur. D’où ce conseil qu’elle adresse aux femmes. Ne pas rester le nez collé sur son téléphone dans les transports. Née à Port-au-Prince, en Haïti, Marguerite Dorvilien est aussi pasteure d’une église évangélique. Elle dit avoir simplement voulu être « celle qui ne détourne pas les yeux ».

Son parcours donne un éclairage particulier à ce réflexe de venir en aide aux autres. Avant de diriger un collège accueillant des enfants « qui ne se sentent pas bien à l’école », notamment ceux atteints de troubles « dys » ou de TDAH, puis une école primaire privée protestante à Ablon-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, elle a piloté l’association « le refuge » dans le Val-d’Oise, dédiée aux personnes précaires ou sans domicile fixe.

Les chiffres rappellent l’ampleur du phénomène dans les transports franciliens. Les violences sexuelles y ont baissé de 0,9 % l’an dernier, selon la préfecture de police de Paris. Une étude interne menée en 2022 et rendue publique par l’Observatoire national des violences faites aux femmes raconte une autre réalité sur le temps long. Sept femmes sur dix y ont déjà été victimes de violences sexistes ou sexuelles au cours de leur vie, huit sur dix chez les 15-18 ans, et neuf sur dix chez les 19-25 ans. Une étude conduite en 2021-2022 dans les Alpes-Maritimes, autour de Nice, relevait que six femmes sur dix disaient avoir subi ce type de violences dans les transports en commun, où 88 % des témoins n’ont pas réagi.

Dans la foule venue l’entourer, Jhordana s’est déplacée avec un ami et un bouquet de fleurs. « Très contente d’être ici, et reconnaissante », souffle-t-elle, avant de lâcher, la voix serrée, que Marguerite lui « a sauvé la vie ». Celle que l’on surnomme « l’héroïne du RER C » mesure pourtant ce qui reste à faire. « J’aimerais faire davantage pour les femmes victimes de violences, pour les orphelins, mais j’ai appris qu’on ne peut pas porter toutes les causes », dit-elle.

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