Faits Divers
Après la mort d’Élise, six bouchers mis en examen dans l’affaire de l’intoxication à E.coli
La vague d’infections à la bactérie E.coli qui a endeuillé la région de Saint-Quentin en juin 2025 connaît un nouveau tournant judiciaire. Six bouchers…


La vague d’infections à la bactérie E.coli qui a endeuillé la région de Saint-Quentin en juin 2025 connaît un nouveau tournant judiciaire. Six bouchers ont été mis en examen à Paris et placés sous contrôle judiciaire.
L’été 2025 avait plongé le Saint-Quentinois dans l’inquiétude. En juin, 32 cas d’intoxication à la bactérie Escherichia coli sont recensés dans le secteur. Parmi les malades, des enfants âgés de 11 mois à 12 ans, hospitalisés à Saint-Quentin, Amiens, Lille et Reims. Le 16 juin, une fillette de 11 ans prénommée Élise succombe au CHU d’Amiens. Plusieurs jeunes patients souffraient d’un syndrome hémolytique et urémique, une complication grave de l’infection.
Un peu plus d’un an plus tard, l’enquête franchit une étape. Dix bouchers ont d’abord été placés en garde à vue. À l’issue de ces auditions, six d’entre eux ont été mis en examen, en tant que gérants ou salariés. Les chefs retenus vont de l’homicide involontaire aux blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail, en passant par la mise en danger de la vie d’autrui, la tromperie dangereuse pour la santé, le recel et l’abattage illicite d’un animal hors abattoir.
Ces six hommes restent libres, mais sous contrôle judiciaire. Interdiction leur est faite d’exercer comme boucher ou employé de boucherie. Une seule exception, un poste de salarié dans une enseigne de petite, moyenne ou grande distribution, à condition de ne jamais manipuler de viande nue. Ils n’ont pas non plus le droit d’entrer en contact avec les autres bouchers entendus ou mis en cause.
L’enquête, confiée depuis le 7 août 2025 aux juges d’instruction du pôle santé publique du parquet de Paris, a aussi mené les investigateurs jusqu’à une ferme des environs de Saint-Quentin. L’exploitation, fermée depuis plusieurs mois, aurait vendu une cinquantaine de moutons pour l’Aïd. Certains animaux auraient ensuite été abattus et découpés hors des circuits réglementaires, dans des boucheries ou directement chez des particuliers. La préfecture de l’Aisne avait évoqué un lien biologique formel entre le lieu d’approvisionnement et la contamination des malades.
Le dossier avait été transféré à Paris par le parquet de Saint-Quentin, au vu du nombre de victimes et de la technicité des investigations. Plusieurs familles ont porté plainte. Les parents de l’enfant décédée ont été entendus par les juges en septembre 2025, et les parties civiles qui le souhaitent pourront l’être à leur tour, après examen des dossiers et des éléments médicaux. Six boucheries, dont plusieurs halal, avaient par ailleurs été fermées à titre préventif au plus fort de la crise.
Reste le rappel sanitaire. Certaines souches d’E.coli, souvent dites productrices de shigatoxines, provoquent des intoxications. La plupart du temps bénignes, elles se traduisent par des maux de ventre et des diarrhées. Mais chez les jeunes enfants et les personnes âgées, l’infection peut dégénérer en syndrome hémolytique et urémique, avec une insuffisance rénale aiguë et de graves troubles sanguins, pouvant aller jusqu’au coma ou au décès.
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