Politique
Budget 2027, le gouvernement teste, dément et cherche encore sa voie
Le gouvernement Lecornu prépare l’échéance budgétaire de 2027 sans majorité et sous pression économique. Après une salve de démentis, l’exécutif explore…


Le gouvernement Lecornu prépare l’échéance budgétaire de 2027 sans majorité et sous pression économique. Après une salve de démentis, l’exécutif explore des pistes sensibles pour éviter la censure.
Le budget 2027 s’annonce déjà comme un exercice périlleux pour l’exécutif. Le gouvernement Lecornu doit composer sans majorité à l’Assemblée, avec une croissance faible, un chômage en hausse et des taux d’intérêt qui alourdissent la charge de la dette. La marge de manœuvre est donc très mince.
Cette semaine, le Premier ministre a dû monter au créneau pour démentir des pistes d’économies évoquées dans la presse. Suppression des APL pour les étudiants, gel du RSA ou du minimum vieillesse, remise en cause du crédit d’impôt pour les services à la personne, hausse de l’impôt sur le revenu, tout cela a été balayé d’un revers de main sur X. Seule la mesure concernant les aides au logement étudiant avait déjà suscité des inquiétudes, plusieurs associations étudiantes s’étonnant de l’idée d’intégrer les revenus des parents dans le calcul de ces aides. Cette piste figure pourtant dans un rapport gouvernemental qui propose 4,2 milliards d’économies sur les politiques familiales, dont 2,5 milliards à court terme.
Le gouvernement a toutefois déjà fait marche arrière sur un autre front. Le doublement des plafonds des franchises médicales, qui devait passer de 100 à 200 euros par an, a été abandonné. La ministre de la Santé a pris acte de ce choix jugé brutal, même si une augmentation plus modérée n’est pas totalement exclue. D’autres options restent sur la table, comme une désindexation partielle des retraites des plus aisés, qui pourrait concerner les pensions supérieures à 2 000 euros par mois. Côté recettes, Bercy étudie la reconduction d’une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, sans toucher aux impôts des ménages.
Derrière ces allers-retours, une seule obsession. Éviter une censure du Parlement. Le député macroniste Sylvain Maillard le reconnaît sans détour, le gouvernement n’a pas le choix et devra négocier. La piste privilégiée serait de trouver un accord de non-censure avec les socialistes, puis de passer en force grâce à l’article 49.3. Mais le Rassemblement national prévient déjà qu’il ne s’associera pas à ce qu’il appelle une petite tambouille parlementaire. Dans un climat de campagne présidentielle, l’automne s’annonce une nouvelle fois tendu.
Sébastien Lecornu tente de mettre la pression sur tous les candidats. Ceux qui chercheraient à empêcher tout budget, prévient-il, porteraient la responsabilité de compromettre leur première année de mandat. En cas de blocage, un rapport de l’Inspection générale des finances met en garde contre les conséquences d’une loi spéciale prolongée. Cet outil, qui reconduit les recettes et autorise les dépenses essentielles, est prévu pour pallier l’absence de budget. Avec de probables élections législatives en juin, il s’appliquerait une grande partie de l’année. L’IGF estime que cette incertitude coûterait au moins 0,5 point de PIB et nuirait à la confiance des acteurs économiques.
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