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Kushner s’entretient avec le Hamas, une rencontre inédite pour Washington
L’émissaire américain a rencontré des responsables du Hamas en Égypte, juste avant de se rendre en Israël. Il tente de faire aboutir un plan de paix que…


L’émissaire américain a rencontré des responsables du Hamas en Égypte, juste avant de se rendre en Israël. Il tente de faire aboutir un plan de paix que Benjamin Netanyahu refuse toujours.
L’émissaire américain Jared Kushner a fait un geste que Washington évitait depuis des années. Dimanche, il s’est assis à la table de dirigeants du Hamas en Égypte. Une rencontre rapportée par des sources anonymes, confirmant une évolution majeure dans la diplomatie américaine.
Le contexte est lourd de tensions. Le Hamas a accepté fin juillet une feuille de route américaine qui prévoit le désarmement du mouvement et le retrait israélien de Gaza. Mais le Premier ministre israélien a officiellement rejeté ce texte, réclamant un désarmement « véritable ». Face à cette impasse, Kushner a insisté sur la nécessité de mesures vérifiables. Il a également déclaré que Gaza ne pourra plus jamais être une source de terreur pour Israël et que le Hamas n’aura aucun rôle dans la gouvernance future du territoire.
Le Hamas, qui contrôle Gaza depuis 2007, a déjà fait un pas de son côté. Il a annoncé en juillet la dissolution de son administration civile et le transfert de ses responsabilités au Comité national pour l’administration de Gaza, une instance composée de technocrates. Après la réunion avec Kushner, le mouvement islamiste a appelé les médiateurs et ce Conseil de Paix à contraindre Israël à approuver la feuille de route et à fixer un calendrier pour sa mise en œuvre.
Avant cette rencontre, Kushner avait déjà échangé avec des responsables égyptiens, qataris et turcs, ainsi qu’avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour Gaza du Conseil de Paix. Il s’est aussi entretenu avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. De son côté, le chef du Hamas Khalil al-Hayya a rencontré le chef du renseignement égyptien Hassan Rachad. Huit pays musulmans, dont l’Égypte, le Qatar et la Turquie, ont condamné le rejet israélien de la feuille de route, y voyant une menace pour les efforts de paix.
Ce dialogue direct est un tournant. Pendant des années, les États-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu’ils classent parmi les organisations terroristes et qu’ils tiennent pour responsable de l’attaque du 7 octobre 2023 contre Israël. L’administration Trump a assoupli cette position pour tenter de mettre fin à une guerre dévastatrice. Sur le terrain, la trêve reste fragile. Des frappes israéliennes ont blessé plusieurs personnes près de Nousseirat, dans le centre de Gaza. D’autres tirs ont touché des tentes de déplacés près de Khan Younès, où le corps d’un enfant tué samedi a été retrouvé. Depuis le début de la trêve, au moins 1 262 Palestiniens sont morts, selon le ministère de la Santé de Gaza. Côté israélien, cinq soldats et un contractuel du ministère de la Défense ont perdu la vie.
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