Faits Divers
Jason Arday, le professeur noir de Cambridge usé par les accusations, est mort à 41 ans
Il était devenu un symbole de diversité dans le monde académique. Sa mort cette semaine a réveillé une colère contre le harcèlement qu’il a subi pendant…


Il était devenu un symbole de diversité dans le monde académique. Sa mort cette semaine a réveillé une colère contre le harcèlement qu’il a subi pendant trois ans.
L’annonce a secoué bien au-delà de l’université. Jason Arday, professeur de sociologie de l’éducation à Cambridge, est décédé à 41 ans. Il a été découvert sans vie dans le quartier de Battersea, au sud de Londres, et la police n’a pas retenu de cause suspecte. En 2023, cet homme avait marqué l’histoire en devenant le plus jeune professeur noir de cette institution prestigieuse. Un parcours admiré, mais aussi très vite attaqué.
Trois ans après sa nomination, Jason Arday avait fini par démissionner, à bout. Il dénonçait des accusations incessantes, des spéculations et des commentaires publics qui l’avaient profondément marqué. Les doutes portaient notamment sur sa thèse de doctorat. Certains universitaires et des articles de presse l’accusaient d’avoir copié des passages sans les citer, ce qu’il a toujours nié. Un ancien chercheur de Cambridge, lui-même renvoyé après des accusations de racisme, se trouvait à l’origine de ces attaques. Ses déclarations sur son propre parcours ont aussi été passées au crible, comme cette affirmation d’avoir couru trente marathons en trente-cinq jours. Dans un entretien, il admettait des erreurs académiques mais refusait d’être présenté comme un menteur ou un mythomane.
Depuis la découverte de son corps, les voix se lèvent. Sa famille dénonce une campagne de harcèlement continu pendant plus de trois ans, une campagne de désinformation devenue insupportable pour un homme doux qui voulait voir le meilleur en chacun. Le maire de Londres évoque une humiliation publique pernicieuse, une épreuve que d’autres à sa place n’auraient jamais subie. Il souhaite que cette mort agisse comme un électrochoc. Une députée travailliste parle de chasse aux sorcières. Le professeur Kehinde Andrews, un proche, raconte que Jason Arday était profondément abattu après sa démission et appelle à prendre conscience de la réalité des universitaires noirs.
Jason Arday avait été diagnostiqué autiste enfant. Le psychologue Simon Baron-Cohen avait alerté sur sa vulnérabilité avant le drame, dénonçant un homme à terre pendant que les coups continuaient de pleuvoir. Après sa mort, il décrit des attaques personnelles d’une ampleur immense. L’association africaine et caribéenne de Cambridge pleure un enseignant au parcours remarquable, admiré de ses étudiants. Cette affaire relance les questions sur les recrutements liés à la diversité et sur les tensions culturelles dans les universités. Pour beaucoup, la disparition de Jason Arday doit servir de signal d’alarme.
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