Europe
Budget européen le bras de fer monte d un cran entre Berlin et Paris
Allemagne et France s affrontent sur la manière de financer l avenir de l Union. Le chancelier allemand refuse catégoriquement tout emprunt quand Emmanuel…


Allemagne et France s affrontent sur la manière de financer l avenir de l Union. Le chancelier allemand refuse catégoriquement tout emprunt quand Emmanuel Macron plaide pour plus d investissements.
À Bruxelles, le sommet des dirigeants européens est devenu le théâtre d une opposition frontale. Friedrich Merz a répété vendredi qu il ne voulait « aucun endettement de l UE ». Pour le chancelier allemand, les Vingt Sept doivent se passer de l emprunt pour financer le prochain budget pluriannuel. Une position qui heurte directement celle d Emmanuel Macron. Le président français défend depuis des mois l idée d un recours à l emprunt pour débloquer des fonds massifs. Il veut investir dans les secteurs d avenir comme l intelligence artificielle. « On a besoin d un budget beaucoup plus grand », a-t-il plaidé jeudi soir sur France 2, estimant que l Europe n en fait pas assez face aux Américains.
Ce débat divise profondément les États membres. D un côté, les pays dits « frugaux » du Nord de l Europe, menés par l Allemagne, exigent des économies. Berlin fait partie des pays qui versent plus à l UE qu ils n en reçoivent. Ces contributeurs nets ne veulent pas être considérés comme un « distributeur de billets », selon les mots cinglants du chancelier autrichien Christian Stocker. Ils jugent la proposition de budget de la Commission européenne trop ambitieuse. Bruxelles a suggéré une enveloppe de 2000 milliards d euros pour la période 2028 2034. Une contre-proposition présentée par la présidence chypriote ne prévoit qu une baisse de 2%, ce qui est jugé insuffisant par les frugaux.
En face, un groupe de 17 pays du Sud et de l Est s est formé sous le nom « les amis de la cohésion ». Ces États défendent un budget plus généreux pour soutenir l agriculture, les territoires et la cohésion sociale. Ils ne veulent pas que les nouvelles priorités stratégiques se fassent au détriment des politiques historiques comme la politique agricole commune ou la pêche. Le Parlement européen partage en partie cette vision et propose même des recettes inédites, par exemple une taxe sur les géants du numérique. Les négociations s annoncent tendues dans un calendrier serré. Bruxelles espère un accord avant la fin de l année pour éviter que les élections nationales, notamment en France, ne viennent tout compliquer. Le Rassemblement national, donné en tête des sondages pour la présidentielle, a déjà prévenu qu il réduirait de moitié la contribution française s il accédait au pouvoir.
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