Économie
UniCredit joue son va-tout sur Commerzbank et le ton monte
Ce mardi soir s’achève l’offre publique d’achat lancée par la banque italienne UniCredit pour prendre le contrôle de sa rivale allemande Commerzbank.…


Ce mardi soir s’achève l’offre publique d’achat lancée par la banque italienne UniCredit pour prendre le contrôle de sa rivale allemande Commerzbank. Entre accusations de manipulation et résistance politique, l’opération cristallise les tensions entre les deux pays.
L’offre est ambitieuse. UniCredit veut faire de Commerzbank son tremplin pour devenir un géant bancaire européen. La banque milanaise a déjà dépassé son objectif de 30% des droits de vote, selon ses propres chiffres. Mais le seuil annoncé ne fait pas l’unanimité. Commerzbank et une partie de la classe politique allemande jugent l’opération agressive et malvenue. Le chancelier Friedrich Merz a lui-même estimé qu’elle détruisait la confiance dans l’établissement allemand.
Le prix proposé par UniCredit n’est pas particulièrement généreux. Il est inférieur à la valeur boursière de Commerzbank. Et la banque italienne détenait déjà près de 27% du capital avant de lancer son OPA. Concrètement, cela signifie qu’elle cherche surtout à grignoter le reste du capital pour ensuite fusionner la cible avec sa filiale allemande HypoVereinsbank. UniCredit promet de tailler dans le réseau international de Commerzbank, jugé trop lourd, et de recentrer l’activité sur l’Allemagne.
Mais la direction de Commerzbank ne compte pas se laisser faire. Sa présidente a dégainé un plan stratégique pour prouver que l’indépendance rapporterait plus aux actionnaires. Surtout, le ton est monté d’un cran ces derniers jours. Commerzbank a demandé à l’autorité des marchés financiers allemande, la BaFin, de vérifier si UniCredit n’avait pas diffusé des informations trompeuses sur sa participation. Le parquet de Francfort a ouvert une enquête préliminaire pour suspicion de manipulation de marché. UniCredit se défend vigoureusement, affirmant que c’est Commerzbank qui brouille les pistes pour monter un récit trompeur.
Si UniCredit dépasse vraiment les 30%, elle pourrait nommer tous les représentants des actionnaires au conseil de surveillance. Une perspective qui inquiète Berlin, toujours actionnaire de Commerzbank depuis la crise financière. La banque allemande rappelle qu’un accord avec l’État garantit son pouvoir de proposition sur ces sièges. La bataille ne fait peut-être que commencer.
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Dane Woods
16 juin 2026 at 6 h 52 min
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