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Une mère afghane réclame la vérité après un bombardement meurtrier

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Alors que les frappes pakistanaises sur Kaboul ont fait des centaines de victimes civiles, une femme endeuillée incarne le combat de familles pour une enquête internationale et des comptes à rendre.

Samira Muhammadi conserve précieusement la photographie de son fils, Aref Khan, âgé de vingt ans. Ce jeune homme figurait parmi les centaines de personnes tuées lors d’un raid aérien mené par l’armée pakistane sur la capitale afghane au mois de mars. L’attaque a touché un centre médical accueillant des personnes en traitement pour des addictions. Les autorités en place à Kaboul font état de plusieurs centaines de morts, un bilan corroboré par des sources onusiennes qui évoquent au moins deux cent cinquante décès.

La mère de famille, veuve et responsable d’un foyer modeste, décrit un fils tombé dans la consommation de stupéfiants après avoir travaillé en Iran. De retour en Afghanistan, il avait intégré un programme de désintoxication dans l’espoir de se reconstruire. Samira Muhammadi l’avait visité peu avant le bombardement. Elle interroge aujourd’hui la nature de la cible. Pourquoi un établissement de soins a-t-il été visé, alors que les conventions internationales protègent les infrastructures médicales en période de conflit, demande-t-elle.

Cette question résonne au-delà de son deuil personnel. Plusieurs organisations non gouvernementales et instances des Nations unies ont condamné l’événement et réclamé une investigation indépendante. Le rapporteur spécial de l’ONU pour l’Afghanistan souligne que la responsabilité première d’une telle enquête incombe au Pakistan, dont l’armée est à l’origine des frappes. Des experts juridiques pointent cependant la difficulté à obtenir des clarifications de la part des États impliqués dans de tels incidents, et le manque chronique de suites judiciaires pour les attaques contre des civils et des hôpitaux, un phénomène observé dans plusieurs zones de conflit à travers le monde.

Les relations tendues entre Islamabad et Kaboul, ce dernier étant accusé par son voisin d’abriter des groupes militants, complexifient encore la situation. Les familles des victimes, pour leur part, expriment une méfiance à l’égard des processus bilatéraux et plaident pour une implication d’institutions internationales. La mission des Nations unies en Afghanistan a confirmé qu’un travail d’évaluation était en cours, un processus souvent long, notamment lorsque le nombre de victimes est élevé.

Malgré les obstacles et le faible espoir de voir des responsables traduits en justice, Samira Muhammadi et d’autres proches refusent le silence. Ils entendent maintenir la pression pour que la lumière soit faite sur les circonstances de cette frappe, considérant que c’est le seul moyen d’apaiser leur douleur et d’empêcher que de tels événements ne se reproduisent.

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