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Une ancienne geôle bruxelloise se transforme en leçon de société

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Pour sensibiliser l’opinion à la réalité carcérale, une association investit les murs déserts d’une prison historique. L’initiative vise à mettre en lumière les conditions de détention et les défis de la surpopulation.

L’administration pénitentiaire belge est confrontée depuis des années à un problème structurel de surnombre dans ses établissements. Afin de rendre tangible cette réalité souvent méconnue du public, un collectif a élu domicile dans l’ancienne prison de Forest, à Bruxelles, libérée de ses occupants fin 2022. Sous le nom « 9m2 », en référence à la surface réglementaire d’une cellule conçue pour deux personnes, l’association propose désormais des parcours pédagogiques au cœur de ce lieu chargé d’histoire.

La Belgique, à l’instar de plusieurs de ses voisins européens, enregistre un taux d’occupation carcérale chroniquement élevé. Les derniers chiffres officiels font état d’un décalage significatif entre le nombre de personnes incarcérées et la capacité d’accueil théorique des prisons. Face à cette situation, le gouvernement a récemment annoncé un train de mesures, incluant un recours élargi à la détention électronique, dont la mise en œuvre reste soumise à l’approbation parlementaire.

Édifiée en 1910 sur un plan panoptique, la prison de Forest est emblématique d’un patrimoine pénitentiaire devenu obsolète. L’état des lieux, marqué par l’usure et l’humidité, rappelle les conditions qui ont valu à l’État belge plusieurs condamnations par la Cour européenne des droits de l’homme pour traitements indignes. Les guides évoquent le quotidien des détenus, évoquant par exemple l’usage contraignant de seaux hygiéniques dans les cellules les plus anciennes, une pratique qui a persisté jusqu’à la fermeture.

Lors d’une visite récente, la présence d’un ancien résident des lieux a offert un témoignage direct. Celui-ci a décrit l’absence d’intimité et les difficultés de la vie en cellule surpeuplée, lançant un message de prévention aux plus jeunes. Malgré l’ouverture récente d’un établissement moderne à Haren, destiné à améliorer les conditions, des centaines de détenus continuent de dormir sur des matelas à même le sol en raison du manque de lits.

L’initiative de l’association rencontre un écho notable, avec plusieurs milliers de demandes de visite déjà enregistrées. Des formations sont en cours pour préparer des guides qui accompagneront notamment des groupes scolaires, transformant ainsi ces murs silencieux en un outil de réflexion sur l’univers carcéral et ses enjeux.

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