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La nature, nouveau tableau noir pour les écoliers français
_**Dans la Drôme, des élèves de maternelle suivent leurs leçons en forêt. Cette pratique pédagogique, qui gagne du terrain, fait l’objet d’une proposition de loi visant à l’inscrire dans le code de l’éducation.**_
Chaque vendredi, les quatorze élèves d’une classe unique de Séderon, dans la Drôme, quittent leur salle de cours pour une colline voisine. Leur apprentissage se déroule désormais en plein air, au rythme des chants d’oiseaux et du parfum de la lavande. Cette méthode, connue sous le nom de classe dehors, consiste à organiser des séances d’enseignement régulières à l’extérieur des murs de l’établissement. Une initiative que des parlementaires de différents bords souhaitent aujourd’hui pérenniser par un texte législatif.
Le trajet vers le site pédagogique devient lui-même une leçon. Durant la marche, les enfants sont invités à observer les bourgeons ou à écouter les sons de la forêt. Sur place, les activités se structurent autour de la découverte de l’environnement. Les élèves identifient des espèces aviaires à l’aide de fiches ou participent à des rituels simples, comme partager l’eau de leur gourde avec les arbres. L’enseignante à l’origine de ce projet, Flore Aumage, y voit un moyen de renouveler sa pratique et de sortir des cadres traditionnels.
Ce mouvement pédagogique connaît un essor notable en France, particulièrement depuis la pandémie. Bien que les chiffres exacts manquent, les estimations font état de plusieurs milliers de classes concernées, majoritairement dans le primaire. Le ministère de l’Éducation nationale reconnaît le développement de cette approche, qui peut s’appliquer à tous les niveaux scolaires et à l’ensemble des disciplines. Elle répond à un constat partagé par de nombreux éducateurs, celui d’une génération d’enfants passant significativement moins de temps en extérieur que les précédentes.
Pour inscrire cette pratique dans la durée, un groupe de députés a déposé une proposition de loi en juin 2025. L’objectif est de lui donner une légitimité institutionnelle et de sortir d’une logique d’initiative isolée. Le texte prévoit notamment de faire de l’accès régulier à la nature un objectif explicite de l’école et d’organiser des formations pour le corps enseignant. Ses promoteurs soulignent les bénéfices multiples de ce contact avec l’extérieur, notamment pour équilibrer le temps passé devant les écrans.
Les élèves de Séderon, quant à eux, plébiscitent ces séances. Ils évoquent la sensation du vent, la possibilité de construire des cabanes ou d’observer les insectes. La proposition de loi, déjà adoptée en commission, attend désormais son examen dans l’hémicycle. Ses défenseurs espèrent une inscription à l’ordre du jour parlementaire dans les prochains mois, afin de généraliser une approche éducative qui fait de l’environnement un partenaire d’apprentissage à part entière.
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