Planète
La prolifération des espèces invasives mobilise les professionnels de la nuisance

_**Les interventions pour lutter contre rongeurs et insectes progressent de près de 10% chaque année, une tendance qui souligne l’urgence d’une stratégie nationale anticipatrice.**_
Le secteur de la lutte antiparasitaire enregistre une croissance soutenue de son activité, avec une augmentation annuelle des interventions se situant entre 8 et 10%. Cette hausse reflète une pression accrue des nuisibles, notamment des espèces exotiques dont l’installation est favorisée par l’évolution du climat. Les professionnels plaident désormais pour une refonte des méthodes, privilégiant une action précoce et coordonnée au niveau national.
L’arrivée et l’expansion d’insectes vecteurs de pathologies ont changé la nature même de la menace. Le moustique tigre, désormais présent dans la grande majorité des départements, en est l’illustration la plus marquante. Sa capacité à transmettre des virus comme celui du chikungunya, qui a connu une diffusion notable l’an passé, place la lutte contre ces nuisibles dans une dimension sanitaire nouvelle. De même, le frelon asiatique, dont près de vingt mille nids ont été neutralisés l’année dernière, occupe aujourd’hui plus des trois quarts du territoire.
Les experts pointent l’influence directe des conditions météorologiques sur cette dynamique. Des hivers globalement plus doux permettent à ces espèces, autrefois contenues par le froid, de s’acclimater et de prospérer. Face à cette situation, le réflexe curatif, qui consiste à agir une fois l’infestation constatée, est jugé insuffisant. La profession appelle à une mobilisation bien en amont des périodes de prolifération estivale, estimant que les actions préventives engagées dès le printemps sont déterminantes.
Une meilleure coordination institutionnelle est également réclamée. Les acteurs de la filière estiment que la supervision par un ministère unique, celui chargé de la Santé, permettrait d’harmoniser les efforts entre les pouvoirs publics, les entreprises, les professionnels et les citoyens. L’objectif est d’instaurer une vigilance collective et partagée. Si l’éradication totale d’une espèce invasive semble illusoire une fois son implantation avérée, des mesures ciblées peuvent en limiter significativement la propagation.
La contribution des particuliers est cruciale dans ce dispositif. Il leur est conseillé d’inspecter régulièrement les abris de jardin, les nichoirs, les greniers ou les haies pour détecter précocement la formation de nids. La localisation de ces derniers, souvent en milieu urbain ou périurbain, rend cette vigilance d’autant plus nécessaire. Parallèlement, la communauté scientifique se prépare à d’autres risques émergents, comme celui posé par le triatome, un insecte susceptible de transmettre la maladie de Chagas. Les professionnels sont formés à son identification afin de pouvoir alerter rapidement les chercheurs en cas de découverte.

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