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Ferveur pénitentielle aux Philippines, malgré le poids de la crise énergétique

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_**La tradition annuelle de flagellation et de crucifixion du Vendredi saint a une nouvelle fois rassemblé des milliers de personnes dans la province de Pampanga, une démonstration de piété qui persiste dans un contexte économique national tendu.**_

Sous une chaleur accablante, des dizaines d’hommes, le torse nu et le visage dissimulé, ont parcouru les rues poussiéreuses de San Fernando. Le bruit sec des martinets en bambou frappant leur dos résonnait, un rituel de pénitence observé par une foule dense de fidèles et de visiteurs. Certains participants allaient jusqu’à s’inciser la peau avec des fragments de verre, une pratique visant à reproduire la souffrance du Christ et à obtenir, par ce sacrifice, une intercession divine.

Pour nombre de ces pénitents, l’acte répond à une promesse ou à une demande spirituelle précise. Un homme de quarante-neuf ans évoquait ainsi sa participation comme une prière pour la guérison de son enfant malade, perpétuant une pratique familiale transmise sur trois générations. L’événement, qui commémore la Passion du Christ, constitue un moment fort du calendrier religieux dans cet archipel à forte majorité catholique, attirant chaque année plusieurs milliers de spectateurs.

Le point culminant de la cérémonie reste la mise en scène de crucifixions volontaires, où des clous sont plantés dans les paumes de dévots avant qu’ils ne soient brièvement hissés sur des croix. Cette année encore, malgré une conjoncture difficile, l’affluence est demeurée importante. Les organisateurs et les commerçants locaux notent avec soulagement la présence des pèlerins, signe pour eux de la résilience des traditions face aux défis matériels.

Ces défis sont pourtant bien réels. Le pays fait face à une flambée des prix des carburants, une situation qualifiée récemment d’urgence énergétique par les autorités. Cette hausse, liée à la dépendance aux importations et au contexte géopolitique international, a contraint de nombreux Philippins à adapter leurs déplacements. Certains pèlerins ont ainsi opté pour des moyens de transport moins onéreux, considérant le surcoût du voyage comme une forme supplémentaire d’offrande pendant la Semaine sainte.

Dans la foule, des fidèles venus de Manille, à plusieurs dizaines de kilomètres, confiaient prier tout autant pour leur santé personnelle que pour un allègement des pressions économiques qui pèsent sur la population. La persistance de cette dévotion populaire, dans un tel climat, apparaît comme un témoignage de la place centrale qu’occupent la foi et les rites collectifs, même lorsque les conditions de vie se durcissent.

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