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Économie

La fin programmée de l’Institut national de la consommation

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Le décret officialisant la liquidation de l’établissement public a été publié. Il ouvre la voie à une privatisation du magazine « 60 millions de consommateurs », dont l’avenir et l’indépendance éditoriale suscitent de vives inquiétudes.

Le Journal officiel a rendu public, ce dimanche, un décret entérinant la dissolution et la mise en liquidation de l’Institut national de la consommation (INC). Ce texte, émanant du ministère du Commerce, fixe le cadre juridique de cette opération, qui inclut la recherche d’un repreneur privé pour le mensuel « 60 millions de consommateurs ». Cette décision fait suite aux dispositions de la loi de finances pour 2026, qui actait la fermeture de l’établissement public d’ici à la fin du mois de mars, en raison de difficultés financières persistantes.

Le décret prévoit la nomination d’un liquidateur pour une durée de neuf mois à partir du 31 mars prochain. Sa mission consistera à maintenir l’activité de presse le temps de trouver un acquéreur. Un délai initial de trois mois est imparti pour cette recherche, avec la possibilité d’une prolongation si nécessaire. En l’absence d’offre de reprise jugée viable, le liquidateur sera chargé de mettre un terme à la publication. Les actifs pourraient alors être cédés séparément.

Cette procédure soulève plusieurs interrogations, notamment concernant le sort des soixante salariés de la structure, une question qui n’est pas abordée dans le texte réglementaire. Les représentants du personnel s’alarment également de l’absence de critères précis encadrant la future cession. Ils insistent sur la nécessité de préserver l’indépendance juridique et éditoriale du titre, garantie de sa crédibilité auprès du public.

De son côté, le ministère du Commerce affirme porter une « extrême attention » au processus de reprise, reconnaissant la valeur du magazine. Il se dit ouvert à toutes les propositions émanant d’acteurs privés, d’associations ou de groupes de presse, en assurant que le choix final se fera « dans l’intérêt du titre ». Cette fermeture, qui concernait un établissement public créé en 1966, représente une dépense estimée entre huit et onze millions d’euros pour les finances publiques.

La situation financière de l’INC avait connu une amélioration récente, l’établissement renouant avec les bénéfices en 2025 après un déficit l’année précédente. Cette embellie n’a pourtant pas infléchi la décision des pouvoirs publics. La perspective de cette liquidation avait déjà provoqué, en décembre dernier, une mobilisation d’une centaine de personnalités – journalistes, élus, scientifiques – dénonçant dans les colonnes du Monde une « mise à mort » d’un média de référence pour la défense des consommateurs.

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