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Un bébé lynx tué pour avoir attaqué une poule en Alsace

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_**L’affaire, jugée vendredi à Strasbourg, oppose la défense d’un animal domestique à la protection d’une espèce en voie de disparition. La propriétaire, qui invoque la panique, encourt une peine de prison avec sursis.**_

Les faits remontent à un jour d’octobre dernier, dans le jardin d’une maison de Niederbronn-les-Bains. Un jeune lynx femelle, affamé et en détresse, s’était introduit dans un enclos abritant des volailles. La propriétaire des lieux, une sexagénaire, a découvert l’animal en train de s’attaquer à l’une de ses poules. Selon ses déclarations au tribunal, prise de panique, elle a d’abord tenté de faire fuir le félin, qu’elle affirme avoir cru être un chat, avant de recourir à un bâton pour le frapper à la tête.

L’intervention des secours, alertés après les coups, n’a pu sauver l’animal. Transporté d’urgence chez un vétérinaire, le lynx est décédé des suites de ses blessures. L’autopsie a révélé plusieurs impacts violents sur une zone létale, causant des fractures crâniennes et un hématome. La propriétaire, qui comparaissait pour destruction d’une espèce protégée, s’est dite profondément affectée par l’issue de l’événement, précisant n’avoir agi que pour défendre un animal dont elle était proche.

Les associations de protection de la faune, parties civiles, ont souligné la gravité de l’acte au regard du statut critique du lynx en France. La population de ce prédateur est estimée à environ cent cinquante individus sur le territoire national, dont une poignée seulement dans le massif vosgien. Chaque perte est donc considérée comme un coup porté à la survie de l’espèce, déjà fragilisée par diverses menaces comme les collisions routières.

Le ministère public a contesté le fondement d’une éventuelle légitime défense, estimant que la réaction était disproportionnée. La procureure a requis une condamnation à quatre mois d’emprisonnement avec sursis, arguant qu’il était difficile d’admettre la confusion entre un lynx et un chat domestique. La défense de la prévenue a plaidé l’absence d’intention malveillante, dépeignant une personne sans expérience de la chasse, submergée par le stress face à une agression imprévue.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Sa décision est attendue pour la fin du mois de mai.

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