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La justice confirme la sévérité des peines pour les instigateurs de la campagne de haine en ligne

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_**Le verdict d’appel dans le procès lié à l’assassinat de Samuel Paty maintient de lourdes condamnations pour les deux principaux organisateurs de la mobilisation numérique, tout en allégeant le sort de deux autres accusés.**_

La cour d’assises spéciale de Paris a rendu son arrêt lundi, confirmant une condamnation à quinze années de réclusion criminelle pour Abdelhakim Sefrioui. Son coaccusé, Brahim Chnina, a quant à lui vu sa peine réduite à dix ans d’emprisonnement. Les deux hommes avaient été reconnus coupables d’association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, pour leur rôle central dans la vague de dénonciations et de menaces qui avait visé le professeur d’histoire-géographie sur les réseaux sociaux. La famille de Samuel Paty a salué une décision qui sanctionne fermement ce qu’elle qualifie de « fatwa numérique ».

En revanche, le sort réservé à deux autres prévenus, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, a suscité des réactions contrastées. Initialement condamnés pour complicité d’assassinat, ils ont été rejugés coupables d’association de malfaiteurs, sans que la qualification terroriste ne soit cette fois retenue. Leurs peines, respectivement de six et sept ans d’incarcération, devraient conduire à leur libération dans un délai rapproché, une issue accueillie avec soulagement par leurs proches. Les conseils des parties civiles ont exprimé leur incompréhension face à cette atténuation, tout en soulignant que le cœur du verdict – la répression pénale de la campagne de haine en ligne – constituait une avancée significative.

Les avocats de la défense ont réagi diversement à l’annonce des peines. L’un des conseils d’Abdelhakim Sefrioui a dénoncé une justice qu’il estime discriminatoire, tandis qu’un autre a avancé que la sévérité maintenue à l’encontre de son client permettait à l’institution judiciaire de « sauver la face ». Brahim Chnina, par l’intermédiaire de son défenseur, a pour sa part fait savoir qu’il acceptait la sentence prononcée. Abdelhakim Sefrioui a quant à lui annoncé son intention de se pourvoir en cassation.

L’audience a été marquée par des développements procéduraux inhabituels, notamment le retrait de deux magistrates et l’intervention écrite d’un membre du gouvernement pour préciser ses déclarations. Ce dernier élément pourrait être invoqué dans le cadre d’un éventuel recours devant la Cour de cassation. Les motivations détaillées du verdict sont attendues dans les prochains jours.

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