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Un archipel français confronté à la précarité de centaines de migrants
À Mayotte, plus de huit cents personnes originaires d’Afrique des Grands Lacs survivent dans un camp de fortune, deux mois après l’évacuation d’un site précédent. Cette situation perdure en pleine saison des pluies, illustrant les difficultés structurelles d’accueil sur ce territoire.
Le camp de Tsoundzou 2, situé sur la côte est de Mayotte, abrite une population majoritairement composée de ressortissants de la République démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi. Ces individus ont reconstitué des habitats précaires à base de bambou et de bâches, à proximité d’un village-relais géré par une association. Le sol, détrempé par les intempéries récentes, complique les déplacements et aggrave les conditions de vie.
L’installation actuelle fait suite au démantèlement, fin octobre, d’un précédent camp. Les autorités locales avaient alors annoncé une opération de mise à l’abri d’ampleur. Toutefois, sur les quelque mille deux cents personnes concernées, seule une fraction a pu bénéficier d’un relogement, en raison d’un manque de places disponibles. Depuis, la majorité des occupants s’est réinstallée sur le même secteur.
Les résidents évoquent une quête de sécurité et de protection, motivée par les conflits qui sévissent dans leur région d’origine, notamment dans la province du Sud-Kivu. Sur place, l’accès à l’eau repose sur des citernes et un système de pompage rudimentaire, tandis que quelques sanitaires ont été installés. La promiscuité, la présence de moustiques et la préparation des repas à même le sol sont décrites comme des épreuves quotidiennes.
Cette présence cristallise des tensions récurrentes dans le département, régulièrement confronté à des mouvements de protestation de la part de collectifs d’habitants. Les agressions contre les migrants sont régulièrement rapportées. Par ailleurs, un arrêté préfectoral récent interdit désormais les constructions informelles sur une bande de trois kilomètres le long d’un axe routier, suscitant l’inquiétude des nouveaux arrivants quant à la pérennité de leurs abris.
Le flux migratoire semble se poursuivre, avec l’arrivée régulière de nouvelles familles. Les organisations non gouvernementales présentes sur le terrain interviennent de manière ponctuelle, mais la situation demeure fragile, particulièrement durant la saison humide. Les perspectives de solutions durables restent incertaines, dans un contexte où les capacités d’hébergement semblent saturées.
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Amya Barnes
21 décembre 2025 at 8 h 48 min
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