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Taïwan mise sur son armée pour tenir Pékin à distance

Face aux pressions militaires chinoises, le président Lai Ching-te défend un budget de défense historique. Il jure vouloir empêcher une guerre, pas en…

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Taïwan mise sur son armée pour tenir Pékin à distance

Face aux pressions militaires chinoises, le président Lai Ching-te défend un budget de défense historique. Il jure vouloir empêcher une guerre, pas en déclencher une.

Taïwan vit avec une menace qui ne disparaît jamais vraiment. La Chine considère l’île comme une partie de son territoire et n’a jamais écarté l’option de la force pour la rattacher. Dans ce contexte, le président Lai Ching-te a profité de la Fête nationale pour défendre une hausse massive des dépenses militaires, présentée comme une manière de dissuader, pas de provoquer.

Le gouvernement a réservé un montant record de 1 100 milliards de nouveaux dollars taïwanais pour 2027, ce qui dépasse 3 % du produit intérieur brut de l’île. Du jamais-vu dans l’histoire récente. Lai Ching-te l’a dit sans détour. La paix ne peut pas reposer sur de simples vœux, et la tolérance ne doit pas devenir un prétexte pour que les agresseurs avancent toujours plus loin. Il accuse Pékin d’exercer des pressions militaires et des manœuvres dans les zones grises, avec l’objectif de modifier le statu quo dans le détroit.

Cette stratégie s’inscrit dans la durée. Depuis une décennie, les gouvernements successifs ont gonflé leur budget militaire pour deux raisons. Rendre une éventuelle attaque chinoise plus coûteuse pour l’assaillant, et prouver aux États-Unis que l’île prend sa propre protection au sérieux. Car Washington reste le principal soutien sécuritaire de Taïwan, même si les relations diplomatiques officielles ont été transférées à Pékin il y a près de cinquante ans.

La réaction chinoise n’a pas traîné. Une porte-parole du Bureau des affaires de Taïwan a accusé Lai Ching-te de pousser vers une indépendance de fait et d’attiser la confrontation dans le détroit en s’appuyant sur des soutiens étrangers.

Reste la question américaine, source de tensions à Taïwan. L’île attend toujours la signature de Donald Trump pour un achat d’armes de 14 milliards de dollars, notamment des systèmes de défense aérienne Patriot. Les inquiétudes ont grimpé après que le président américain a suggéré que ces ventes pourraient servir de monnaie d’échange avec la Chine. Lai Ching-te a répliqué que son pays ne pouvait pas faire l’objet d’un marchandage.

Les célébrations ont rassemblé des milliers de personnes devant le Palais présidentiel, entre défilé militaire, survols d’avions de chasse et spectacles de danse. Feng Jing-heng, 70 ans, a confié ressentir « la chaleur » de la société taïwanaise. Le président du Parlement, Han Kuo-yu, a jugé le soutien américain « extrêmement important » pour la sécurité de l’île, tout en rappelant les liens historiques et culturels qui la rattachent à la Chine.

Ces commémorations marquent les 115 ans de la chute de la dynastie Qing et la fondation de la République de Chine. Le contentieux entre Pékin et Taipei remonte à la guerre civile, quand les forces nationalistes de Chiang Kaï-chek se sont repliées sur l’île en 1949 après leur défaite face aux communistes de Mao Tsé-Toung.

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