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Retailleau rompt le pacte à Nice et laisse Estrosi face à Ciotti

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Le président des Républicains a refusé d’apporter son soutien au maire sortant, en difficulté au second tour, relançant les tensions internes et les interrogations sur la stratégie du parti.

Bruno Retailleau a pris une décision qui résonne fortement au sein de la droite. À l’approche du second tour des municipales à Nice, le président des Républicains a choisi de ne pas soutenir le maire sortant, Christian Estrosi. Ce dernier, candidat sous l’étiquette Horizons mais soutenu par plusieurs élus LR, affronte Éric Ciotti, le favori du scrutin, ancien de LR et désormais à la tête de l’UDR, allié au Rassemblement national. M. Retailleau a invité les électeurs à voter « en leur âme et conscience », estimant ne pas se retrouver dans une « campagne délétère » menée des deux côtés.

Le dirigeant LR a toutefois concentré ses critiques sur Christian Estrosi, lui reprochant notamment son « appel à la gauche et au communautarisme » durant l’entre-deux-tours. Cette prise de position intervient alors qu’un accord national liait Les Républicains à Horizons, le parti d’Édouard Philippe. M. Retailleau a affirmé que cet accord général n’était pas remis en cause, mais que le contexte niçois justifiait sa neutralité.

La réaction d’Éric Ciotti a été immédiate, saluant une décision qui condamnerait la campagne de son adversaire. En revanche, la position du président des Républicains a provoqué des remous au sein de sa propre famille politique. Michel Barnier a ainsi réaffirmé son soutien « sans ambiguïté » à Christian Estrosi. Xavier Bertrand a, quant à lui, déploré un soutien « insidieux » à M. Ciotti, qualifiant cette posture d’« indignité ».

Pour certains cadres du parti, cette neutralité constitue une « double faute ». Elle affaiblirait d’abord LR dans les Alpes-Maritimes, un département stratégique. Elle enverrait ensuite un signal de défiance aux partenaires du « socle commun » de la droite, à quelques mois d’une élection présidentielle où les ambitions s’affirment. Cette sortie ravive les soupçons d’ambivalence d’une frange de la droite vis-à-vis de l’extrême droite, un clivage qui traverse régulièrement le parti.

Horizons a dénoncé « la dernière d’une longue série d’ambiguïtés » des Républicains à Nice, les appelant à « clarifier leur position ». Le Premier ministre, Gabriel Attal, a pour sa part estimé que « des repères fondamentaux disparaissaient », tout en exprimant sa conviction que de nombreux électeurs de droite continuaient de rejeter l’extrême droite.

Interrogé sur d’éventuels accords locaux entre candidats LR et RN, Bruno Retailleau a réitéré la ligne officielle du parti. Tout membre s’alliant avec le Rassemblement national s’exposerait à une exclusion. Il a par ailleurs reproché à la majorité présidentielle de vouloir « faire gagner la gauche contre la droite » en maintenant ses candidats dans plusieurs triangulaires, citant plusieurs villes où cette configuration pourrait favoriser la gauche.

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