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Pakistan et Afghanistan au bord de l’affrontement généralisé

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Des frappes aériennes pakistanaises ont touché plusieurs villes afghanes, dont la capitale, en réponse à une offensive terrestre des talibans. Islamabad évoque désormais un état de « guerre ouverte », marquant une rupture dangereuse dans des relations déjà extrêmement tendues.

Les relations entre Islamabad et Kaboul ont connu une dégradation spectaculaire après une nuit de frappes aériennes pakistanaises sur le territoire afghan. Plusieurs explosions ont été rapportées à Kaboul et à Kandahar, siège du pouvoir taliban, ainsi que dans des provinces frontalières. Ces opérations militaires constituent, selon les autorités pakistanaises, une réponse à une offensive terrestre lancée la veille par les forces afghanes contre des positions frontalières.

Le ministre pakistanais de la Défense a employé des termes sans équivoque, déclarant sur les réseaux sociaux que la patience de son pays était épuisée et qu’une « guerre ouverte » était désormais engagée. Le Premier ministre a renchéri en affirmant la capacité de son armée à contrer toute « ambition agressive ». De son côté, le porte-parole des talibans a réaffirmé la préférence de Kaboul pour une résolution par le dialogue, tout en dénonçant des violations de l’espace aérien afghan par des avions pakistanais.

Cette escalade intervient dans un contexte d’hostilités récurrentes depuis la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan. Islamabad accuse systématiquement les autorités de Kaboul d’offrir un sanctuaire à des groupes armés, notamment le Mouvement des talibans pakistanais, qu’il tient pour responsables d’attaques sur son sol. Les talibans afghans rejettent ces accusations. Les incidents frontaliers, parfois meurtriers, se sont multipliés ces derniers mois, conduisant à des fermetures prolongées des points de passage.

Les bilans des récentes opérations restent contradictoires. Les sources militaires pakistanaises font état de plusieurs centaines de pertes dans les rangs adverses, tandis que le ministère afghan de la Défense a confirmé la mort de huit de ses soldats lors des combats de jeudi. La difficulté d’accès pour les observateurs indépendants empêche toute vérification précise de ces chiffres. Des sources médicales en Afghanistan ont cependant signalé des victimes civiles, dont des femmes et des enfants, dans un camp de rapatriés près de la frontière.

Face à cette poussée de fièvre, plusieurs capitales régionales ont proposé leur médiation. L’Iran et la Chine ont officiellement offert leurs bons offices pour apaiser les tensions, tandis que l’Arabie saoudite, qui avait déjà joué un rôle facilitateur par le passé, a évoqué la situation lors d’un entretien téléphonique entre ses diplomates et leurs homologues pakistanais. Ces initiatives diplomatiques peinent pour l’instant à infléchir la dynamique belliqueuse, chaque camp semblant déterminé à répondre par la force aux actions de l’autre. La situation reste extrêmement volatile le long de cette frontière disputée.

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