Économie
L’intelligence artificielle porte la croissance mondiale, l’énergie plombe le reste
Le FMI relève légèrement sa prévision de croissance pour 2026, à 3,1 %, grâce au dynamisme des économies avancées et à l’essor des investissements dans…


Le FMI relève légèrement sa prévision de croissance pour 2026, à 3,1 %, grâce au dynamisme des économies avancées et à l’essor des investissements dans l’intelligence artificielle. Mais la flambée des prix de l’énergie creuse un écart de plus en plus net entre les pays, et la France décroche.
L’économie de la planète devrait progresser de 3,1 % en 2026, contre 3,5 % en 2025, avant de repartir à 3,4 % en 2027. Ces chiffres, revus à la hausse de 0,1 point pour 2026, dessinent un monde « fragmenté », tiraillé entre deux forces opposées. D’un côté, la hausse des prix de l’énergie pèse sur les budgets. De l’autre, les investissements massifs dans l’intelligence artificielle dopent l’activité de plusieurs grandes économies.
Les grands gagnants se trouvent du côté des économies avancées, en particulier en Asie. Taïwan devrait afficher une croissance de 10,7 %, la Corée du Sud de 3,3 %. Les États-Unis tiennent bon avec 2,3 %, un chiffre inchangé malgré le choc énergétique. Cette vigueur doit beaucoup à l’intelligence artificielle, qui a représenté près de la moitié de la croissance du commerce mondial entre 2023 et 2025, comme le souligne Silvana Tenreyro, cheffe économiste du Fonds.
À l’inverse, les pays émergents encaissent de plein fouet la flambée des prix des hydrocarbures provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Pour amortir le choc, beaucoup subventionnent l’énergie, au prix de marges budgétaires déjà très serrées. Les importateurs d’énergie qui ne profitent pas du boom de l’IA restent les plus exposés, une « trajectoire à deux vitesses » que l’institution observe avec inquiétude. Sa cheffe économiste résume la situation sans détour, en parlant d’une résilience mondiale « mise à rude épreuve », avec des risques « orientés à la baisse ».
Les finances publiques inquiètent tout autant. Les ratios d’endettement s’envolent, y compris dans les pays riches, et l’appel est clair. Les gouvernements doivent serrer les dépenses et mieux gérer leur dette. Un vrai casse-tête pour les pays en développement, coincés entre des urgences immédiates et la nécessité de ne pas fragiliser leurs équilibres. Deniz Igan, qui dirige la division de recherche du Fonds, plaide pour un compromis entre la sécurité alimentaire et énergétique d’un côté, la préservation de la stabilité à moyen terme de l’autre.
Les menaces ne manquent pas. Une guerre qui s’installe au Moyen-Orient et des tensions géopolitiques durables pourraient relancer l’inflation, dégrader les comptes publics et frapper d’abord les pays importateurs d’énergie à faible revenu. Autre risque, plus inattendu. Le moteur de l’IA pourrait caler d’un coup si les promesses de bénéfices et de gains de productivité étaient revues à la baisse, ce qui freinerait les investissements et durcirait les conditions de financement.
En Europe, la zone euro surprend agréablement, avec une prévision relevée de 0,2 point qui la place désormais au-dessus de 1 %. L’Allemagne, après trois années difficiles dont deux de récession, accélère à 1,3 %, et l’Espagne à 2,5 %. La France fait exception et voit ses prévisions rognées de 0,2 point par rapport à juillet. Sa croissance ne devrait pas dépasser 0,4 % cette année, puis 0,7 % en 2027, là encore revu à la baisse. Les vagues de chaleur et les incendies de l’été, ainsi qu’un climat politique incertain, expliquent cette contre-performance.
Au Moyen-Orient, le conflit laisse des traces profondes. L’Arabie saoudite terminerait l’année sur une contraction de 3,3 % de son économie, soit 5 points perdus. Le recul attendu en 2026 est encore plus violent ailleurs, avec 16 % de baisse pour l’Irak, 16,7 % pour le Koweït, 11,3 % pour Bahreïn et 7,6 % pour l’Iran. Le Qatar subit une chute presque aussi lourde que celle de l’Irak. Un rebond rapide est envisagé une fois la guerre terminée, mais l’incertitude reste entière.
Reste la question des deux géants asiatiques. La Chine ralentit encore, avec 4,5 % de croissance cette année et tout juste 4 % en 2027, freinée par une demande intérieure qui ne décolle pas. L’Inde, à l’inverse, voit sa prévision grimper de 0,6 point, à 7 %, portée par une consommation solide et un secteur des services en pleine forme.
À lire aussi





Faits DiversEn Ligne 7 joursRefus de mariage à Béziers, 7 500 euros d’amende réclamés contre Robert Ménard



Faits DiversEn Ligne 7 joursUn ex-patron de l’espionnage allemand arrêté pour trahison



PolitiqueEn Ligne 6 joursLecornu apaise les lycéens et annonce une baisse du carburant



SociétéEn Ligne 7 joursLes lycéens tiennent la rue et promettent de ne rien lâcher



PolitiqueEn Ligne 7 joursRoland Lescure démonte le budget du RN et prévient que le rêve vire au cauchemar



PolitiqueEn Ligne 3 joursLes députés rejettent le budget 2027, Lecornu face à un casse-tête



MondeEn Ligne 7 joursLe 3 novembre, les Américains votent et Donald Trump joue très gros



SociétéEn Ligne 4 joursTrois mille remplaçants débarquent dans les lycées les plus tendus








