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Économie

Le tri des jeunes vies, conséquence des pénuries à Cuba

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Dans l’hôpital pédiatrique William Soler de La Havane, les médecins sont contraints d’établir des priorités parmi les enfants malades, un choix cornélien imposé par la raréfaction des ressources médicales et énergétiques.

L’établissement, spécialisé dans les cardiopathies congénitales graves, doit désormais opérer une sélection stricte parmi ses admissions. Les cas jugés les moins critiques se retrouvent placés en attente, une situation qui expose les jeunes patients à des risques d’aggravation. Cette pratique, décrite comme particulièrement éprouvante par le personnel soignant, illustre les tensions qui traversent le système de santé cubain, traditionnellement présenté comme un pilier de la politique sociale nationale.

Les difficultés d’approvisionnement en carburant, accentuées par les restrictions commerciales internationales, affectent profondément le fonctionnement des infrastructures. Si les hôpitaux bénéficient en priorité de générateurs pour pallier les coupures de courant fréquentes, l’accès même au travail devient un défi pour de nombreux soignants. Certains parcourent de longues distances à pied, d’autres recourent à l’auto-stop le long du front de mer de la capitale, faute de transports en commun opérationnels.

Au-delà des problèmes logistiques, c’est l’accès aux équipements et aux consommables médicaux qui se restreint. L’établissement, qui compte une centaine de lits, ne les utilise pas tous à pleine capacité afin de préserver ses réserves pour les interventions les plus urgentes. Des appareils de monitoring cardiaque peuvent manquer de piles, et les listes d’attente pour la chirurgie s’allongent à l’échelle du pays, concernant des dizaines de milliers de personnes.

La direction de l’hôpital souligne que les obstacles pour se procurer des médicaments et du matériel spécialisé existent depuis des années, mais qu’ils ont atteint une intensité sans précédent. Des livraisons d’aide humanitaire, comme un récent convoi international, apportent un soutien ponctuel en fournitures et denrées alimentaires. Cependant, les observateurs sur place estiment que ces apports restent insuffisants face à l’ampleur des besoins.

Cette dégradation des conditions opérationnelles place les équipes médicales dans une impasse quotidienne, entre leur devoir de soin et la réalité des moyens disponibles. L’impact de ces pénuries sur la prise en charge des enfants malades constitue un sujet de préoccupation majeur, alors que les réserves nationales continuent de diminuer.

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