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Le harcèlement au travail résiste, malgré une prise de conscience qui progresse

Un salarié sur trois affirme avoir subi du harcèlement au cours de sa carrière, un niveau inchangé depuis quatre ans. La connaissance du cadre légal…

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Le harcèlement au travail résiste, malgré une prise de conscience qui progresse

Un salarié sur trois affirme avoir subi du harcèlement au cours de sa carrière, un niveau inchangé depuis quatre ans. La connaissance du cadre légal s’améliore, mais la peur de signaler reste largement partagée.

Le chiffre ne bouge pas. Un salarié sur trois déclare avoir été victime de harcèlement au cours de sa vie professionnelle. Le résultat provient d’une enquête menée en ligne auprès de 2.000 actifs représentatifs, employés dans le privé comme dans le public au sein de structures d’au moins cinq personnes. Il est identique à celui d’un premier baromètre établi quatre ans plus tôt. Quatre salariés sur dix racontent même avoir assisté à ce genre de situations.

Les jeunes paient le prix fort, en particulier quand les échanges passent par les outils numériques. Courriels, SMS, messageries instantanées, réseaux sociaux, 53% des 18-24 ans y ont été confrontés, contre 19% des 45 ans et plus. La culture juridique, elle, gagne du terrain. La part des salariés qui se sentent bien informés sur la législation est passée de 35% à 50% en quatre ans. Un bond de 15 points. Mais connaître les règles ne signifie pas savoir les repérer. Seuls 54% des personnes interrogées identifient correctement un cas avéré de harcèlement sexuel parmi les situations décrites dans l’enquête.

Un autre obstacle demeure, plus intime. Un salarié sur deux craint qu’une alerte nuise à sa carrière, une angoisse encore plus présente chez les jeunes et les femmes. Pour une psychologue du travail, la solidarité entre collègues joue pourtant un rôle protecteur majeur. Or les modèles de travail changent, et les occasions de créer du collectif, puis cette entraide, se raréfient.

Du côté du droit, une proposition de loi contre les violences sexistes et sexuelles, examinée à l’Assemblée nationale, veut inscrire la lutte contre le harcèlement sexuel parmi les thèmes obligatoires de la négociation collective, dans les entreprises comme dans les branches. Accélérer la prévention, l’idée séduit. Elle fait aussi craindre que d’autres sujets, comme le harcèlement moral, se retrouvent laissés de côté.

Les auteurs du baromètre refusent d’attendre ces évolutions. Ils invitent les entreprises à enrichir les formations des salariés, des managers et des référents avec des modules bâtis sur des cas concrets. Ils conseillent aussi de garantir une enquête impartiale et de désigner clairement les canaux de signalement et les référents, en rappelant régulièrement leur rôle et en vérifiant que ces dispositifs servent vraiment.

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