Monde
L’appel d’Öcalan pour une transition démocratique en Turquie
Un an après avoir demandé la dissolution du PKK, le leader kurde emprisonné réitère sa volonté de tourner la page de la lutte armée et enjoint l’État turc à prendre des mesures concrètes pour engager un processus de paix durable.
Depuis sa cellule de la prison d’Imrali, Abdullah Öcalan a fait parvenir un message à l’occasion de l’anniversaire de son appel à la dissolution du Parti des travailleurs du Kurdistan. Le dirigeant historique, âgé de soixante-seize ans, y affirme sa détermination à ouvrir une ère politique nouvelle, fondée sur les principes de démocratie et d’État de droit. Il souligne que cette transition exige désormais des actes législatifs et politiques adaptés à un contexte de paix.
Le parti prokurde DEM, qui a rendu public ce discours lors d’une commémoration à Ankara, estime que l’initiative doit maintenant revenir aux autorités gouvernementales. Les coprésidents du mouvement ont insisté sur la nécessité d’une réponse institutionnelle, rappelant qu’une résolution durable du conflit ne saurait reposer sur des concessions unilatérales. Ils appellent à l’adoption rapide de textes juridiques garantissant la réintégration sociale des anciens combattants et clarifiant le statut de leur leader emprisonné.
Une commission parlementaire turque a récemment remis un rapport préconisant la réinsertion des membres du PKK, tout en excluant toute mesure d’amnistie. Pour les élus du DEM, cette étape, bien que significative, reste insuffisante. Ils réclament une loi spécifique pour encadrer le processus, notamment en ce qui concerne la participation à la vie politique des personnes ayant déposé les armes.
Le processus de désarmement, initié à l’automne 2024, se poursuit dans le nord de l’Irak, où la plupart des combattants étaient retranchés. Cette démarche, soutenue par un parti allié au gouvernement, vise à mettre fin à plus de quarante ans d’un conflit ayant causé des dizaines de milliers de victimes. Les rencontres autorisées entre une délégation du DEM et Abdullah Öcalan depuis fin 2024 ont permis de maintenir un canal de dialogue, perçu comme essentiel par les partisans d’une solution négociée.
Dans son appel initial, le leader kurde avait assumé la responsabilité historique de tourner le dos à la violence, affirmant sa foi dans le pouvoir de la politique. Un an plus tard, son message résonne comme un rappel. L’avenir de ce processus de paix, engagé mais encore fragile, dépend désormais largement de la capacité des institutions turques à traduire ces déclarations en actions concrètes.
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