Politique
L’administration américaine justifie sa défiance envers un géant de l’intelligence artificielle
Les autorités fédérales invoquent des préoccupations majeures pour la sécurité nationale afin de restreindre les activités d’Anthropic, une décision que la société conteste désormais devant les tribunaux.
Le département de la Défense a officiellement exprimé ses réserves concernant la collaboration avec la société Anthropic. Dans une argumentation déposée devant une cour californienne, l’exécutif estime que le maintien d’un accès de l’entreprise aux infrastructures militaires sensibles présenterait un danger jugé inacceptable. Les systèmes d’intelligence artificielle développés par la firme sont perçus comme potentiellement vulnérables à des manipulations, soulevant la crainte qu’Anthropic puisse, de son propre chef, interrompre ou altérer le fonctionnement de ses technologies en cours d’opérations militaires.
Cette position fait suite à une plainte déposée début mars par Anthropic, qui conteste son inscription sur une liste gouvernementale désignant les entreprises présentant un risque pour la sécurité nationale en matière d’approvisionnement. Cette classification, initiée sous l’administration précédente, a pour effet de limiter considérablement la capacité de l’entreprise à conclure des marchés avec les fournisseurs de l’État fédéral. La mesure avait été justifiée par le refus persistant d’Anthropic d’autoriser l’utilisation de ses modèles d’IA à des fins de surveillance de masse ou dans le cadre de systèmes d’armes létaux autonomes.
Le document juridique précise que cette situation a conduit le Pentagone à s’interroger sur la fiabilité d’Anthropic en tant que partenaire contractuel dans un domaine aussi sensible. La défense souligne que la possibilité pour l’entreprise d’agir selon ses propres critères éthiques, ou « lignes rouges », en pleine action militaire, constitue un facteur de risque majeur. D’autres acteurs majeurs du secteur technologique se sont positionnés en soutien à la start-up, alors que des rapports indiquent que ses outils auraient été employés dans la planification d’opérations militaires récentes. L’issue de cette procédure judiciaire est attendue avec attention par l’ensemble de l’industrie.
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