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Économie

La crise pétrolière asiatique se lit aux pompes

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_**Des files d’attente interminables et des mesures de rationnement se multiplient dans plusieurs pays d’Asie, où la flambée des cours du brut, consécutive au conflit au Moyen-Orient, provoque une vive inquiétude parmi les automobilistes et les motocyclistes.**_

La tension est palpable aux abords des stations-service d’une grande partie du continent. La hausse spectaculaire des prix du baril, directement liée aux hostilités régionales, a déclenché un mouvement de crainte et de précipitation chez les usagers. Beaucoup anticipent de nouvelles augmentations à la pompe ou redoutent des ruptures d’approvisionnement, se pressant ainsi pour constituer des réserves.

Au Vietnam, les files de deux-roues s’allongent considérablement en soirée. Le prix des carburants a déjà connu une progression notable ces derniers jours, incitant la population à faire le plein par anticipation, malgré les mesures gouvernementales visant à alléger la fiscalité sur les importations. Si les pénuries généralisées ont été évitées, de nombreux petits points de vente ont dû réduire leur activité ou fermer temporairement en raison de difficultés d’approvisionnement. L’attente, source de fatigue et d’exaspération, rythme désormais le quotidien de nombreux citadins.

Aux Philippines et au Pakistan, des scènes similaires se reproduisent. Sous une chaleur souvent étouffante, les véhicules s’alignent longuement. Les conducteurs cherchent à remplir leur réservoir avant l’annonce officielle de majorations, tandis que les gérants de stations observent un afflux inhabituel. Certains usagers modèrent volontairement leur consommation immédiate pour préserver une partie de leur budget carburant face à l’incertitude des jours à venir.

La situation prend une tournure plus critique au Bangladesh, où des quotas de vente ont été instaurés. Les motocyclistes ne peuvent par exemple acquérir que de très faibles volumes à chaque passage. Cette limitation, destinée à éviter la rupture des stocks, génère des attentes prolongées et des tensions sporadiques, allant parfois jusqu’à des altercations physiques. Les professionnels du secteur dénoncent quant à eux un cadre qui compromet leur équilibre économique, les obligeant à supporter des surcoats opérationnels pour gérer la foule.

En Birmanie, les autorités ont opté pour une restriction de la circulation, autorisant les véhicules à rouler uniquement les jours correspondant à la parité de leur plaque d’immatriculation. Cette mesure, globalement respectée dans la capitale Rangoun, vise à préserver les réserves nationales. Elle complique néanmoins considérablement la vie des personnes dépendant de leur véhicule pour leur activité professionnelle ou leurs déplacements essentiels.

Même en Corée du Sud, où un plafonnement des tarifs a été annoncé, une certaine nervosité persiste. Des automobilistes modifient leurs habitudes, effectuant des pleins plus fréquents dès qu’ils repèrent un prix avantageux, par crainte d’une escalade continue.

À l’inverse, plusieurs grandes économies de la région semblent, pour l’instant, épargnées par ces phénomènes de panique. En Indonésie, le système de subventions maintient des prix stables. En Chine, des files sporadiques ont été signalées dans certaines villes, sans qu’un mouvement général ne se dessine. L’Inde, le Japon et Taïwan ne rapportent pas non plus de perturbations significatives, les autorités assurant de la stabilité de l’approvisionnement ou mettant en avant des mécanismes de régulation. Cette fragmentation des situations illustre la diversité des vulnérabilités et des politiques énergétiques à l’œuvre en Asie face au choc pétrolier.

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