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En Espagne, la crise du logement s’impose comme le thème qui peut tout changer

Pedro Sánchez promet de renforcer les lois sur le logement s’il garde la majorité. La mort d’une retraitée expulsée de chez elle a fait de ce dossier le…

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En Espagne, la crise du logement s'impose comme le thème qui peut tout changer

Pedro Sánchez promet de renforcer les lois sur le logement s’il garde la majorité. La mort d’une retraitée expulsée de chez elle a fait de ce dossier le grand sujet de la campagne.

Le logement est devenu le thème qui domine la campagne espagnole. Pedro Sánchez, chef du gouvernement, a promis de renforcer la législation sur ce sujet s’il décroche une majorité absolue aux législatives du 29 novembre. Il en a fait le cœur de son premier meeting, donné en Andalousie, dans la banlieue de Séville. Au pouvoir depuis 2018, il veut conserver et consolider ces décrets-lois qui, selon lui, protègent les petits propriétaires comme les locataires face à la spéculation immobilière.

Car derrière la promesse, il y a une histoire qui a remué tout le pays. Maricarmen Abascal, 87 ans, était devenue le symbole de la crise du logement après son expulsion d’un appartement madrilène à la fin du mois de septembre. Sa situation avait fait naître une vague d’indignation et de grandes mobilisations, au point de provoquer une crise politique. Sa disparition à l’hôpital a donné à ce dossier une charge encore plus forte. Le Premier ministre a dit toute son affection pour elle, assurant qu’elle et tous ceux qui se battent pour le logement avaient ouvert la voie.

Ce sont d’ailleurs les tensions autour de ce sujet qui ont conduit Pedro Sánchez à avancer les élections. Le rejet de deux textes sur le logement l’a poussé à dissoudre le Congrès des députés et à convoquer un scrutin anticipé. Il espère malgré tout que ces textes pourront être adoptés bientôt, avec quelques retouches. Partout dans le pays, des campements restent occupés, notamment en plein Madrid, et les manifestants continuent de réclamer une meilleure protection des locataires.

En face, le conservateur Alberto Núñez Feijóo a rassemblé ses troupes à Madrid. Il a promis ordre, sécurité et prospérité dans un projet de reconstruction nationale, jugeant que l’Espagne méritait un avenir et que son adversaire socialiste appartenait au passé. Entouré de deux anciens chefs de gouvernement, il a aussi juré de défendre le pays, en référence à la crise migratoire qui a secoué l’enclave de Ceuta, où des dizaines de milliers de personnes sont entrées avant que la plupart ne repartent vers le Maroc.

Le climat social, lui, reste tendu. Les principaux syndicats ont appelé à une grève générale, une première depuis 2012. Près de 39 millions d’électeurs sont attendus aux urnes, et les enquêtes d’opinion placent pour l’instant la droite devant les socialistes, sans majorité absolue. Ce qui pourrait offrir au parti d’extrême droite Vox un rôle d’arbitre au Parlement. Du côté des sympathisants venus écouter le chef du gouvernement, les sentiments sont partagés, entre économie solide, inégalités persistantes et hausse saluée des salaires et des retraites.

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