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Après des attaques houthies inédites, Ryad admet que ses défenses sont éprouvées

Le ministre saoudien de l’Énergie a reconnu que les infrastructures du royaume étaient mises à l’épreuve après une série de frappes meurtrières, dont…

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Après des attaques houthies inédites, Ryad admet que ses défenses sont éprouvées

Le ministre saoudien de l’Énergie a reconnu que les infrastructures du royaume étaient mises à l’épreuve après une série de frappes meurtrières, dont celle qui a visé l’aéroport de Ryad. Pour le premier exportateur mondial de pétrole, la sécurité énergétique ne va plus de soi.

Abdulaziz ben Salmane a reconnu que les infrastructures de son pays avaient été mises à l’épreuve par une vague d’attaques meurtrières attribuées aux Houthis du Yémen. Le ministre de l’Énergie s’exprimait devant une conférence du secteur réunie à Ryad, où les dirigeants du géant pétrolier Aramco doivent aussi prendre la parole. Une façon de dire l’urgence. Caramco et ses installations figurent parmi les cibles des rebelles proches de Téhéran depuis des semaines. Son constat a des airs d’aveu. La sécurité énergétique ne peut plus être considérée comme acquise, a-t-il lâché, alors que son pays reste le premier exportateur mondial de brut.

Les hostilités ont repris en juillet entre les Houthis et les forces gouvernementales yéménites, épaulées militairement par Ryad, avant de s’intensifier en septembre. Mais ces derniers jours ont changé la donne. L’ampleur des frappes atteint un niveau jamais vu, et elle expose au grand jour les failles défensives d’un État qui dépense pourtant des fortunes en équipements militaires de pointe. Longtemps discrètes sur l’étendue des dégâts, les autorités ont fini par diffuser les images de vidéosurveillance de l’attaque de l’aéroport. On y voit des passagers en tenue blanche de pèlerinage franchir un contrôle en file indienne, puis une boule de feu crever le plafond. Sous la fumée et les débris, ils cherchent à fuir.

Le bilan est lourd. Treize morts et trois cent neuf blessés, ce qui fait de cette attaque la plus meurtrière sur le sol saoudien depuis dix ans. Les victimes venaient de plusieurs pays, parmi lesquels des Saoudiens, des Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien, un Soudanais et un Indien. Le lendemain, une nouvelle frappe sur le même site tuait au moins un Pakistanais et faisait onze blessés, selon l’Autorité saoudienne de l’aviation civile. L’aéroport de Dammam a lui aussi été visé, tout comme deux sites énergétiques d’Aramco, tous dans l’est du pays, et l’espace aérien reste perturbé.

La date n’a rien d’anodin. Octobre marque le début de la haute saison pour les pèlerins, quand le recul des chaleurs fait affluer des millions de fidèles du monde entier. C’est aussi le temps des grands rendez-vous, conventions et divertissements, qui attirent dirigeants et patrons. La ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche, s’est ainsi retrouvée bloquée à Ryad, son retour en Allemagne étant encore à l’étude. Aucun grand événement n’a pour l’instant été annulé, mais l’inquiétude se lit dans la capitale, nourrie par une communication au compte-gouttes. Un habitant résumait son exaspération d’une phrase. Je veux partir d’ici.

Les Houthis ont revendiqué des opérations d’envergure contre l’aéroport, décrites en trois phases. Téhéran, qui soutient les rebelles, s’est dit vivement préoccupé par la tournure des événements et prêt à faciliter le dialogue entre les parties, sans condamner les frappes. Sur le terrain yéménite, les combats se poursuivent depuis l’offensive éclair de septembre, qui a permis aux Houthis de prendre le contrôle du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, sur la mer Rouge, déclenchant une contre-offensive du gouvernement. Les rebelles dénoncent une brutale agression saoudienne et affirment avoir essuyé cent vingt-quatre frappes aériennes depuis le début du week-end, notamment sur Sanaa, la capitale qu’ils contrôlent. Côté gouvernemental, des sources militaires assurent que les forces yéménites ont progressé autour du détroit, sans parvenir à le sécuriser.

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